Dès le 1er novembre 2026, le système électrique français abandonnera le système des garanties de capacité pour un mécanisme de capacité, en cohérence avec les directives européennes. Ce mécanisme repose sur 22 jours « de pointe » (dits PP), identifiés comme ceux qui peuvent mettre le réseau sous tension lors des pics de consommation hivernaux. Ces jours permettent ensuite de répercuter sur vos factures le coût de ce mécanisme pour RTE, via votre fournisseur d’électricité… et selon votre consommation.

Comment fonctionne le nouveau mécanisme de capacité ?

Le principe du mécanisme de capacité est simple : permettre un financement de l’ensemble des centrales nécessaires pour couvrir une pointe de consommation hivernale.

La période hivernale au cœur des périodes de pointe

Le mécanisme de capacité entre en vigueur le 1er novembre 2026 et s’étendra pour sa première période jusqu’au 31 mars 2027. Cela correspond à la période de l’hiver électrique, c’est-à-dire lorsque les chauffages individuels et collectifs dans les logements, les bureaux, les usines, etc. sont sollicités. Le chauffage étant majoritairement électrique en France, cela créé un accroissement notable de la consommation. En pointe, la demande peut atteindre jusqu’à 100 GW, comme début janvier 2026.

22 jours de pointe désignés par RTE

Or, le système électrique repose sur un équilibre permanent entre l’offre et la demande. Il faut produire autant que ce qui est consommé, puisque l’électricité ne se stocke quasiment pas. Pour atteindre 100 GW, alors que la consommation usuelle en période de froid se situe plutôt autour de 70/80 GW, il y a besoin de « centrales de pointe » pendant quelques heures seulement… sur toute l’année.

Par conséquent, 22 jours sont identifiés par un algorithme de RTE comme des jours PP (pour période de pointe), qui en réalité correspondent à des heures PP situées entre 7 h et 10 h puis entre 17 h et 20 h. Cela correspond au moment clé où le réseau a besoin de ces centrales de pointe.

Un prix fixé par RTE après un tour d’enchères de capacité

Cependant, le problème demeure le financement de ces centrales de pointe, qui produisent rarement et ne peuvent donc pas être rentables grâce à la vente sur les marchés d’une énergie produite tout au long de l’année. Le principe de la garantie de capacité – et désormais du mécanisme de capacité – est de faire contribuer les consommateurs au financement tout au long de l’année de l’ensemble des centrales nécessaires, en échange du service rendu au réseau.

Pour établir le prix, RTE procède à des enchères en fixant ses besoins en capacité. En 2026, un seul tour d’enchères s’est déroulé le 6 juillet. Il fixe un prix d’équilibre à 28 182,99 €/MW, pour un volume total de 82 446,8 MW de capacités. Dans le détail, 11 487 MW seront rémunérés au prix d’équilibre (principalement des centrales thermiques CCG ou des capacités d’effacement) et 70 900 MW au prix plafond intermédiaire de 15 000 €/MW, soit une rémunération totale de 1 394 416 924,8 €.

Quel prix pour les entreprises ?

Un coût de capacité désormais fixé par RTE et unique

Le surcoût des garanties de capacité, en vigueur jusqu’en mars 2026, était d’environ 2 €/MWh. Il pouvait être intégré directement au prix de fourniture ou correspondre à une ligne particulière, avec généralement un montant variable selon votre profil et votre puissance de consommation. Votre fournisseur était tenu de vous indiquer ce montant, qui correspondait à la couverture nécessaire pour son portefeuille client et du prix auquel il avait acheté ses garanties de capacité lors des enchères.

Désormais, le coût de capacité dans le mécanisme est transmis directement par RTE à la CRE. Ce montant sera toujours facturé directement aux consommateurs via le fournisseur d’électricité, mais ce dernier n’est plus tenu d’acheter lui-même des garanties.

Pour 2026-2027, le quotient applicable a été estimé à 18 646,63 €/MW.

Une facturation qui dépendra de chaque fournisseur

Le total et la répartition du coût de capacité, pour chaque fournisseur puis chaque client, variera ensuite selon le profil de consommation de son portefeuille client, et plus exactement de la puissance de soutirage de ces clients sur les heures critiques. RTE facture à chaque fournisseur une quote-part proportionnelle à la consommation de ses clients lors des heures PP.

Ainsi, le prix final du mécanisme de capacité correspond à : coût de capacité (ou quotient) x quote-part de consommation. Le fournisseur est ensuite libre d’appliquer ses propres modalités pour répercuter ce montant à ses clients.

Les plus gros consommateurs d’électricité, capables de s’approvisionner directement sur les marchés de gros, seront eux redevables de leur consommation réelle auprès de RTE.

Que faire pour réduire vos charges ?

Pour éviter de gonfler votre note à cause du mécanisme de capacité, la règle est simple : il faut réduire votre consommation lors des heures de pointe, puisque ce sont elles qui servent à calculer le coût du mécanisme de capacité pour votre fournisseur. Alors à chaque alerte PP, agissez, en décalant votre consommation, en chauffant vos bureaux avant ou après, en décalant certains process énergivores, etc.

Mieux, vous pouvez être partie prenante du mécanisme de capacité… en valorisant monétairement votre capacité d’effacement, c’est-à-dire votre habileté à décaler une partie de votre consommation vers des heures plus favorables (milieu de journée, nuit…) en cas de besoin pour le réseau. Cette solution est d’autant plus accessible aux entreprises et industries avec de forts besoins en électricité qu’elles peuvent compter sur l’inertie de certaines machines (production de chaleur ou groupes froid par exemple) ou décaler certains process.

→ Apprenez-en plus sur l’effacement et sa valorisation !

Le mécanisme de capacité en 2026-2027 : anticipez les jours PP !

La réforme du mécanisme de capacité doit le rendre plus lisible pour les consommateurs. Les entreprises doivent en profiter pour être plus en éveil sur ces jours de pointe et éviter les heures de consommation les plus sensibles.

Il s’agit d’un geste à la fois financier, en évitant les surcoûts liés aux garanties et généralement des heures plus chères sur le marché spot, mais aussi écologique puisqu’il limite le recours à des centrales fossiles – gaz ou charbon.

Enfin, à terme, avec moins de centrales de pointe disponibles, le pilotage de la consommation deviendra nécessaire pour optimiser les périodes de production des renouvelables et limiter le recours aux centrales thermiques. En intégrant le mécanisme de capacité à votre gestion de l’électricité, vous avancez sur la transition énergétique et anticipez le système de demain, en économisant dès aujourd’hui.

Article rédigé par Côme Tessier

Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.

Dès le 1er novembre 2026, le système électrique français abandonnera le système des garanties de capacité pour un mécanisme de capacité, en cohérence avec les directives européennes. Ce mécanisme repose sur 22 jours « de pointe » (dits PP), identifiés comme ceux qui peuvent mettre le réseau sous tension lors des pics de consommation hivernaux. Ces jours permettent ensuite de répercuter sur vos factures le coût de ce mécanisme pour RTE, via votre fournisseur d’électricité… et selon votre consommation.

Comment fonctionne le nouveau mécanisme de capacité ?

Le principe du mécanisme de capacité est simple : permettre un financement de l’ensemble des centrales nécessaires pour couvrir une pointe de consommation hivernale.

La période hivernale au cœur des périodes de pointe

Le mécanisme de capacité entre en vigueur le 1er novembre 2026 et s’étendra pour sa première période jusqu’au 31 mars 2027. Cela correspond à la période de l’hiver électrique, c’est-à-dire lorsque les chauffages individuels et collectifs dans les logements, les bureaux, les usines, etc. sont sollicités. Le chauffage étant majoritairement électrique en France, cela créé un accroissement notable de la consommation. En pointe, la demande peut atteindre jusqu’à 100 GW, comme début janvier 2026.

22 jours de pointe désignés par RTE

Or, le système électrique repose sur un équilibre permanent entre l’offre et la demande. Il faut produire autant que ce qui est consommé, puisque l’électricité ne se stocke quasiment pas. Pour atteindre 100 GW, alors que la consommation usuelle en période de froid se situe plutôt autour de 70/80 GW, il y a besoin de « centrales de pointe » pendant quelques heures seulement… sur toute l’année.

Par conséquent, 22 jours sont identifiés par un algorithme de RTE comme des jours PP (pour période de pointe), qui en réalité correspondent à des heures PP situées entre 7 h et 10 h puis entre 17 h et 20 h. Cela correspond au moment clé où le réseau a besoin de ces centrales de pointe.

Un prix fixé par RTE après un tour d’enchères de capacité

Cependant, le problème demeure le financement de ces centrales de pointe, qui produisent rarement et ne peuvent donc pas être rentables grâce à la vente sur les marchés d’une énergie produite tout au long de l’année. Le principe de la garantie de capacité – et désormais du mécanisme de capacité – est de faire contribuer les consommateurs au financement tout au long de l’année de l’ensemble des centrales nécessaires, en échange du service rendu au réseau.

Pour établir le prix, RTE procède à des enchères en fixant ses besoins en capacité. En 2026, un seul tour d’enchères s’est déroulé le 6 juillet. Il fixe un prix d’équilibre à 28 182,99 €/MW, pour un volume total de 82 446,8 MW de capacités. Dans le détail, 11 487 MW seront rémunérés au prix d’équilibre (principalement des centrales thermiques CCG ou des capacités d’effacement) et 70 900 MW au prix plafond intermédiaire de 15 000 €/MW, soit une rémunération totale de 1 394 416 924,8 €.

Quel prix pour les entreprises ?

Un coût de capacité désormais fixé par RTE et unique

Le surcoût des garanties de capacité, en vigueur jusqu’en mars 2026, était d’environ 2 €/MWh. Il pouvait être intégré directement au prix de fourniture ou correspondre à une ligne particulière, avec généralement un montant variable selon votre profil et votre puissance de consommation. Votre fournisseur était tenu de vous indiquer ce montant, qui correspondait à la couverture nécessaire pour son portefeuille client et du prix auquel il avait acheté ses garanties de capacité lors des enchères.

Désormais, le coût de capacité dans le mécanisme est transmis directement par RTE à la CRE. Ce montant sera toujours facturé directement aux consommateurs via le fournisseur d’électricité, mais ce dernier n’est plus tenu d’acheter lui-même des garanties.

Pour 2026-2027, le quotient applicable a été estimé à 18 646,63 €/MW.

Une facturation qui dépendra de chaque fournisseur

Le total et la répartition du coût de capacité, pour chaque fournisseur puis chaque client, variera ensuite selon le profil de consommation de son portefeuille client, et plus exactement de la puissance de soutirage de ces clients sur les heures critiques. RTE facture à chaque fournisseur une quote-part proportionnelle à la consommation de ses clients lors des heures PP.

Ainsi, le prix final du mécanisme de capacité correspond à : coût de capacité (ou quotient) x quote-part de consommation. Le fournisseur est ensuite libre d’appliquer ses propres modalités pour répercuter ce montant à ses clients.

Les plus gros consommateurs d’électricité, capables de s’approvisionner directement sur les marchés de gros, seront eux redevables de leur consommation réelle auprès de RTE.

Que faire pour réduire vos charges ?

Pour éviter de gonfler votre note à cause du mécanisme de capacité, la règle est simple : il faut réduire votre consommation lors des heures de pointe, puisque ce sont elles qui servent à calculer le coût du mécanisme de capacité pour votre fournisseur. Alors à chaque alerte PP, agissez, en décalant votre consommation, en chauffant vos bureaux avant ou après, en décalant certains process énergivores, etc.

Mieux, vous pouvez être partie prenante du mécanisme de capacité… en valorisant monétairement votre capacité d’effacement, c’est-à-dire votre habileté à décaler une partie de votre consommation vers des heures plus favorables (milieu de journée, nuit…) en cas de besoin pour le réseau. Cette solution est d’autant plus accessible aux entreprises et industries avec de forts besoins en électricité qu’elles peuvent compter sur l’inertie de certaines machines (production de chaleur ou groupes froid par exemple) ou décaler certains process.

→ Apprenez-en plus sur l’effacement et sa valorisation !

Le mécanisme de capacité en 2026-2027 : anticipez les jours PP !

La réforme du mécanisme de capacité doit le rendre plus lisible pour les consommateurs. Les entreprises doivent en profiter pour être plus en éveil sur ces jours de pointe et éviter les heures de consommation les plus sensibles.

Il s’agit d’un geste à la fois financier, en évitant les surcoûts liés aux garanties et généralement des heures plus chères sur le marché spot, mais aussi écologique puisqu’il limite le recours à des centrales fossiles – gaz ou charbon.

Enfin, à terme, avec moins de centrales de pointe disponibles, le pilotage de la consommation deviendra nécessaire pour optimiser les périodes de production des renouvelables et limiter le recours aux centrales thermiques. En intégrant le mécanisme de capacité à votre gestion de l’électricité, vous avancez sur la transition énergétique et anticipez le système de demain, en économisant dès aujourd’hui.

Article rédigé par Côme Tessier

Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.

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