Peut-on estimer le coût et l’effet des énergies renouvelables sur nos factures d’électricité ? Risquent-elles d’augmenter la note à mesure que leur capacité installée se développe ou contribuent-elles à réduire le coût de l’électricité pour l’ensemble des consommateurs ? C’est à cette épineuse question que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a tenté de répondre dans un rapport sur « l’économie du système électrique français hexagonal » publié le mercredi 9 septembre 2026.
Un gain de 20 €/MWh pour les consommateurs en 2025
Dans ce rapport, la CRE a notamment évalué les coûts de l’énergie si le parc des renouvelables était resté à son niveau de 2020. Son constat est sans appel : les marchés auraient été plus élevés de 20 €/MWh. Pour Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, « plus on installe d’ENR, plus on rend du pouvoir d’achat au consommateur ».
Dans un contexte tendu pour les éoliennes et les panneaux photovoltaïques à la veille de l’élection présidentielle de 2027, elle précise « qu’il y aura des interprétations différentes selon les partis politiques mais [que] les ENR font baisser les prix significativement. Le gain pour le consommateur est supérieur au coût pour l’État. » En effet, cette baisse des prix de marché fait mieux que compenser le surcoût induit au système électrique, lié principalement au soutien aux énergies renouvelables.
De plus, en période de crise, les énergies renouvelables jouent un rôle crucial pour limiter la hausse. Elles contribuent toujours à diminuer le prix de marché, alors que les surcoûts pour le système sont réduits par rapport à une situation normale. La CRE valorise ainsi l’aspect de « valeur assurantielle » des ENR.
Des coûts réseau qui s’accumulent… si le développement du parc dépasse 50 % de la capacité actuelle
Dans son rapport, la CRE s’intéresse aussi à l’impact que peut avoir un développement rapide des énergies renouvelables. Selon le régulateur, au-delà d’une puissance installée supplémentaire de 30 GW – soit 50 % du parc actuel –, l’effet sur les prix de marché deviendrait inférieur au surcoût complet pour le réseau, entre le soutien public (CSPE) et les coûts de raccordement et de flexibilité. Elle note donc un risque pour le prix
De plus, avec une baisse sur les marchés de gros de l’ordre de 19,4 €/MWh, l’émergence des énergies renouvelables pourrait avoir en parallèle un effet néfaste sur… les sources de production historique, comme le parc nucléaire. La baisse des revenus – car sans soutien de l’État – pour des acteurs comme EDF remettrait en cause leur rentabilité et donc leur capacité d’investissements dans le renouvellement ou la construction de nouveaux outils de production.
Ces hypothèses reposent néanmoins sur une consommation constante par rapport à 2025. La politique d’électrification poussée par le gouvernement (à destination des industriels ou de la mobilité) ainsi que l’accueil de data centers réduisent ce risque pour le système électrique français.
Un parc bien dimensionné mais confronté au besoin de flexibilité
Enfin, ce rapport permet de souligner le bon dimensionnement actuel du parc électrique français, capable d’absorber une pointe de consommation supérieure à 90 GW – équivalent au dernier pic de 91 228 MW, le 6 janvier 2026. Néanmoins, la difficulté actuelle se trouve dans la grande variation entre les saisons et les heures de la journée, entre prix négatifs (513 heures en 2025) et pointes à plus de 100 €/MWh trois fois plus fréquentes en 2025 (1807 heures) qu’en moyenne entre 2010 et 2020.
La CRE conclut donc sur le besoin de développer l’électrification des usages afin d’offrir des débouchés à l’ensemble de la production électrique française tout en poursuivant le développement des ENR et en préparant le terrain aux prochains EPR2, mais aussi sur la nécessité de travailler sur la « temporalité de la demande et de l’offre » grâce à la flexibilisation de la consommation. En ce sens, le stockage d’énergie et le recours aux batteries pourraient aussi devenir déterminants pour fiabiliser le système électrique.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
Peut-on estimer le coût et l’effet des énergies renouvelables sur nos factures d’électricité ? Risquent-elles d’augmenter la note à mesure que leur capacité installée se développe ou contribuent-elles à réduire le coût de l’électricité pour l’ensemble des consommateurs ? C’est à cette épineuse question que la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a tenté de répondre dans un rapport sur « l’économie du système électrique français hexagonal » publié le mercredi 9 septembre 2026.
Un gain de 20 €/MWh pour les consommateurs en 2025
Dans ce rapport, la CRE a notamment évalué les coûts de l’énergie si le parc des renouvelables était resté à son niveau de 2020. Son constat est sans appel : les marchés auraient été plus élevés de 20 €/MWh. Pour Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, « plus on installe d’ENR, plus on rend du pouvoir d’achat au consommateur ».
Dans un contexte tendu pour les éoliennes et les panneaux photovoltaïques à la veille de l’élection présidentielle de 2027, elle précise « qu’il y aura des interprétations différentes selon les partis politiques mais [que] les ENR font baisser les prix significativement. Le gain pour le consommateur est supérieur au coût pour l’État. » En effet, cette baisse des prix de marché fait mieux que compenser le surcoût induit au système électrique, lié principalement au soutien aux énergies renouvelables.
De plus, en période de crise, les énergies renouvelables jouent un rôle crucial pour limiter la hausse. Elles contribuent toujours à diminuer le prix de marché, alors que les surcoûts pour le système sont réduits par rapport à une situation normale. La CRE valorise ainsi l’aspect de « valeur assurantielle » des ENR.
Des coûts réseau qui s’accumulent… si le développement du parc dépasse 50 % de la capacité actuelle
Dans son rapport, la CRE s’intéresse aussi à l’impact que peut avoir un développement rapide des énergies renouvelables. Selon le régulateur, au-delà d’une puissance installée supplémentaire de 30 GW – soit 50 % du parc actuel –, l’effet sur les prix de marché deviendrait inférieur au surcoût complet pour le réseau, entre le soutien public (CSPE) et les coûts de raccordement et de flexibilité. Elle note donc un risque pour le prix
De plus, avec une baisse sur les marchés de gros de l’ordre de 19,4 €/MWh, l’émergence des énergies renouvelables pourrait avoir en parallèle un effet néfaste sur… les sources de production historique, comme le parc nucléaire. La baisse des revenus – car sans soutien de l’État – pour des acteurs comme EDF remettrait en cause leur rentabilité et donc leur capacité d’investissements dans le renouvellement ou la construction de nouveaux outils de production.
Ces hypothèses reposent néanmoins sur une consommation constante par rapport à 2025. La politique d’électrification poussée par le gouvernement (à destination des industriels ou de la mobilité) ainsi que l’accueil de data centers réduisent ce risque pour le système électrique français.
Un parc bien dimensionné mais confronté au besoin de flexibilité
Enfin, ce rapport permet de souligner le bon dimensionnement actuel du parc électrique français, capable d’absorber une pointe de consommation supérieure à 90 GW – équivalent au dernier pic de 91 228 MW, le 6 janvier 2026. Néanmoins, la difficulté actuelle se trouve dans la grande variation entre les saisons et les heures de la journée, entre prix négatifs (513 heures en 2025) et pointes à plus de 100 €/MWh trois fois plus fréquentes en 2025 (1807 heures) qu’en moyenne entre 2010 et 2020.
La CRE conclut donc sur le besoin de développer l’électrification des usages afin d’offrir des débouchés à l’ensemble de la production électrique française tout en poursuivant le développement des ENR et en préparant le terrain aux prochains EPR2, mais aussi sur la nécessité de travailler sur la « temporalité de la demande et de l’offre » grâce à la flexibilisation de la consommation. En ce sens, le stockage d’énergie et le recours aux batteries pourraient aussi devenir déterminants pour fiabiliser le système électrique.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.



