L’année 2026 a bousculé le secteur de l’énergie. Après une période de calme et de prix particulièrement bas, favorable aux acheteurs, la guerre provoquée par les États-Unis et Israël en Iran a modifié en profondeur le paysage énergétique. Le blocage du détroit d’Ormuz, par où transitait près de 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, a enflammé les marchés. D’abord circoncise aux hydrocarbures, l’inflation s’est étendue aux marchés de l’électricité face aux difficultés du parc nucléaire et hydraulique pendant la canicule.
Dans ce contexte de hausse des prix, la stratégie d’achat devient fondamentale. Comment structurer sa stratégie d’achat d’énergie de moyen terme dans ce contexte ? Faut-il s’attendre à une hausse durable ou peut-on miser sur une décrue des prix favorable à votre budget ? Comment anticiper les années plus lointaines face à des mouvements qui affectent surtout l’hiver 2027 ?
Ce n’est plus le moment d’être passif. Il s’agit plutôt de trouver une stratégie qui protège votre budget à court et à moyen terme, en alliant décarbonation, électrification et visibilité budgétaire. C’est le moment pour vous de construire des objectifs de renforcement de votre efficacité énergétique et d’investissements durables grâce à des achats bien estimés et maîtrisés.
En résumé :
- À court terme, vous avez besoin d’établir des bornes pour éviter d’exposer votre industrie à une forte augmentation du budget énergie tout en gardant de la flexibilité pour agir.
- Il vous faut des garanties sur le coût futur de votre fourniture énergétique, avec une réelle valorisation de votre consommation.
- Les industries les plus compétitives s’appuient sur des stratégies d’achat d’énergie long terme, avec une diversification du risque, d’autant plus que l’industrie a besoin du temps long pour fonctionner.
- Cette stratégie permet généralement d’optimiser l’ensemble des composantes de vos factures d’énergie.
- Ces industries sont ainsi de moins en moins exposées aux fluctuations des prix d’une année à l’autre, avec des augmentations moins fortes lors des périodes de crise comme en 2022-2024. Lorsque le risque géopolitique est prédominant et influence l’ensemble des prix énergétiques, c’est essentiel.
- Leur stratégie est également favorable à l’électrification de leurs usages, dans une optique de décarbonation et de protection face aux prix des fossiles.
- La mise en place d’un service achats dédié ou l’appel à un cabinet de conseil en énergie est essentiel pour parvenir à structurer cette stratégie d’achat.
Pourquoi une stratégie achat d’énergie structurée devient indispensable dans l’industrie ?
Évolution du marché après le blocage d’Ormuz et une période de fortes canicules
Les effets du blocage des hydrocarbures au Moyen-Orient se sont d’abord limités aux matières directement concernées, le pétrole et le gaz. Ensuite, avec l’accroissement des tensions et les représailles sur des infrastructures énergétiques saoudiennes, la crainte d’un approvisionnement vers l’Europe à coût élevé s’est accrue. Désormais, les marchés électriques n’y échappent pas et intègrent de fortes primes de risque.
De plus, si l’émergence des énergies renouvelables fait chuter les prix en journée, la surabondance d’électricité se traduit aussi par une volatilité plus forte et des périodes de tension qui deviennent fragiles. Le prix peut atteindre des sommets lors des pics de consommation, par le recours aux centrales à gaz, déstabilisant toute la moyenne de marché. C’était le cas cet été, alors que certains réacteurs nucléaires étaient contraints à l’arrêt pour préserver l’environnement et que l’hydraulique était limité par un débit des courants plus faible. Sans le photovoltaïque en fin de journée, le prix spot s’envolait à plus de 200 €/MWh, pour une moyenne journée supérieure à 100 €/MWh.
En restant partiellement dépendant du gaz, le marché électrique français subit de plein fouet la crise des hydrocarbures, ce qui expose votre industrie à une augmentation des coûts de fourniture.
Les marchés de l’électricité face aux nouveaux enjeux énergétiques industriels
L’industrie se trouve en même temps au cœur de la stratégie bas carbone française. Pour cela, la trajectoire établie est celle d’une électrification d’ampleur du secteur. D’ici 2030, l’industrie doit passer de 37 % de consommation énergétique d’origine électrique à 47 %. Un défi de taille qui doit la pousser à revoir sa stratégie, mais avec la contrainte d’un bien qui ne peut être stocké qu’à la marge, sur des temps courts.
En 2027, les industries françaises vont être plus que jamais incitées à faire les investissements nécessaires pour réussir cette transition et leur électrification. Vous allez avoir besoin de nouvelles machines, de nouveaux process et de nouveaux réflexes pour suivre une évolution des marchés qui peut aller jusqu’au quart d’heure sur le marché spot !
Des impacts économiques réels pour votre industrie
Même avec la possibilité de s’appuyer sur l’autoconsommation photovoltaïque pour réduire son exposition aux marchés énergétiques, la charge des investissements nécessaires peut refroidir les industriels, surtout en cas de manque de visibilité quant au prix futur de l’énergie.
De plus, sans l’Arenh pour offrir une certaine garantie financière et un versement nucléaire universel (VNU) aux contours encore flous, vous êtes exposé aux augmentations des marchés de l’électricité. Vous n’avez plus de garde-fou. Cela rend le sujet d’autant plus présent, urgent et complexe pour les industriels qui veulent s’électrifier.
Or, l’industrie fonctionne avec de nombreuses contraintes, dont celle du temps long. Chaque process possède ses propres problématiques. Certaines machines doivent tourner en continu pour produire. Un redémarrage contraint ou un arrêt de la production à cause de prix élevés aura de grandes conséquences. En 2022, c’est le problème du coût du gaz qui a poussé Duralex à mettre en veille son outil de production, son four gazier, pour lequel le coût énergétique avait quadruplé… ce qui a eu des conséquences néfastes sur la rentabilité de l’entreprise avec des conséquences encore visibles fin 2026.
Vous ne savez pas combien vous paierez pour votre électricité ou votre gaz dans les années à venir ? Vous n’avez pas anticipé ces échéances ? Vous manquez de vision et d’un budget prévisionnel pour votre approvisionnement énergétique ? Ce sont des signes que vous devez revoir et renouveler votre stratégie.
Payez-vous le bon prix ?
Toutes les industries ne paient pas le même prix pour leur approvisionnement électrique ou gazier. En période de crise, certains industriels ont même été confronté à une évolution imprévisible et explosive de leur budget énergétique, mettant en péril des fleurons nationaux comme Duralex.
Pourtant, toutes les industries n’ont pas subi cette période de la même manière. Mauvais timing de signature, contrat figé, stratégie d’achat inadaptée, etc. : les causes sont multiples, mais les écarts sont réels. Grâce à notre fiche pratique, découvrez les stratégies qui permettent de reprendre le contrôle du prix de l’énergie.

Outils et méthodes : comment évaluer et améliorer sa stratégie achat énergie ?
L’achat d’énergie dans l’industrie est aujourd’hui très variable. Certains industriels s’appuient toujours sur le prix fixe, d’autres ont franchi le pas pour des stratégies diversifiés, de long terme.
Les dernières données disponibles sur le prix de l’électricité pour la compétitivité des entreprises industrielles montrent bien que l’évolution est moindre pour celles qui ont osé changer de stratégie. Alors comment faire le bon choix, en toute connaissance de cause ?
Remplissez votre checklist d’autoévaluation du degré de maturité achat énergie
Voici une liste de questions qui peut vous aider à faire le point, dès aujourd’hui, sur votre pratique d’achats d’énergie pour votre industrie et les choix stratégiques que vous pourriez accomplir dans les prochains mois.
- Qui s’occupe de l’achat d’énergie aujourd’hui dans votre industrie ? Existe-t-il un poste ou un service dédié ?
- Quelle a été l’impact de la crise de l’énergie de 2022-2024 sur la compétitivité de votre industrie ?
- Connaissez-vous la date d’échéance de vos contrats actuels ? Avez-vous une visibilité sur vos achats pour plusieurs années ?
- Possédez-vous un contrat long terme pour une partie de votre approvisionnement en gaz ou en électricité ?
- Êtes-vous exposée aux variations de prix de l’énergie proposé par les fournisseurs ?
- Avez-vous conscience et savez-vous évaluer votre degré d’exposition aux risques géopolitiques sur l’approvisionnement en gaz ?
- Avez-vous fait un bilan de vos consommations énergétiques ?
- Votre activité est-elle carbonée ? Risquez-vous de subir l’évolution du coût du carbone avant 2030 ?
- Disposez-vous d’un plan d’action pour décarboner vos usages ?
- Connaissez-vous les contraintes réglementaires qui existent ou devraient entrer en vigueur pour votre secteur ?
- Diriez-vous que votre entreprise a une politique RSE bien définie ou des objectifs climatiques liées à votre stratégie d’achat énergie ?
- Avez-vous des donneurs d’ordre auprès de qui vous pourriez valoriser des achats d’énergie responsables ?
Les innovations technologiques qui changent la donne (IA, automatisation, plateformes digitales)
L’heure est au changement et à la numérisation des données. L’énergie n’y échappe pas, bien au contraire. Le développement des smart grids, avec des compteurs de consommation d’électricité intelligents, permettent d’adapter ses usages, ses besoins, en temps réel.
De nouveaux procédés naissent également du développement de l’intelligence artificielle pour piloter les outils de votre usine. La consommation d’électricité devient de plus en plus malléable, avec du stockage à court terme – qu’il s’agisse de stockage thermique ou électrique –, de la réutilisation de chaleur fatale, de la flexibilité pour contribuer à la stabilité du réseau, etc.
Ces outils sont de plus en plus nombreux, plus accessibles… Ils rendent le choix d’une stratégie énergétique d’autant plus intéressante. Mais ce sont aussi des informations plus fines et multiples, qui peuvent devenir complexes à appréhender sans connaissance complète du secteur énergétique et de sa volatilité.
L’optimisation contractuelle : la négociation individuelle ou groupée ne protège pas à long terme
Sur l’énergie, il peut être tentant de ne s’intéresser qu’au prix de l’achat de la matière première, de la fourniture. Après tout, cela semble être le nerf de la guerre, la seule variable d’ajustement au milieu d’un océan de taxes et de contributions tarifaires fixés par l’État.
Or, il faut savoir sortir de cette obsession du prix d’achat de la fourniture. En effet, pour ce bien de consommation si particulier, ce n’est pas sur ce levier que vous serez capable de faire le plus d’économie. L’heure et le profil de votre consommation joue pour une grande partie du coût réel de votre fourniture.
Surtout, le coût de l’électron ou de la molécule de gaz se situe bien souvent aux alentours de 40 % de la facture finale seulement, selon les derniers calculs relevés par la CRE. La simple négociation contractuelle ne peut pas être l’alpha et l’oméga de votre stratégie énergétique.
Il s’agit surtout de repenser votre manière de consommer, pour que vos achats répondent à vos besoins précis, pour que vous réduisiez ces besoins, pour que vous optimisiez votre puissance de raccordement… voire que vous deveniez vous-même producteur ! Bref, vous devez avoir une stratégie qui agit sur l’ensemble des composantes d’un prix total de l’énergie.
Par où commencer ? Identifier et décrypter les principaux leviers à optimiser (marché, fiscalité, transport, consommation)
Le marché : négocier et apprendre à anticiper
L’électricité s’achète sur un marché. On devrait même plutôt parler de marchés de gros, au pluriel, car même si c’est un bien qui se consomme en temps réel, sans stockage réel à ce jour, il peut être acheté avec des temporalités différentes.
Ainsi, les acheteurs se fournissent en ruban de consommation sur des temps courts ou longs. Par exemple, ils peuvent choisir de prendre un MWh sur une année civile entière, à un prix qui tient compte de l’offre et de la demande à cet instant – et aux prévisions de ce rapport de force à terme.
Il y a donc un levier de négociation si vous parvenez à offrir une sécurité aux fournisseurs d’énergie quant à la capacité d’énergie dont il aura réellement besoin. En lui apportant un volume de consommation, surtout si celui-ci est constant (en baseload), vous offrez une sérénité sur des achats à moyen terme qui doit permettre de négocier un meilleur tarif.
Vous pouvez aussi choisir d’agir par vous-même, en adoptant une stratégie du bloc + spot où vous viendrez vous-même définir des volumes de consommation prévisionnelle avec un ajustement en temps réel, bien souvent à un prix plus intéressant car dénué de prime de risque… ou parce que vos heures de consommation sont moins élevés. En 2025, le marché spot était nettement plus bas qu’en début de journée, avant 10 heures, et surtout par rapport à la période 18 heures-21 heures. Valorisez votre profil de consommation en changeant de stratégie d’achat !
La fiscalité : un levier puissant dont vous n’aurez pas toutes les clés
Dans un contexte budgétaire complexe pour l’État, la taxation de l’énergie est surveillée de très près. En effet, elle peut à la fois représenter un moyen pour le gouvernement d’assurer des rentrées fiscales importantes et un enjeu pour garantir le niveau d’industrialisation du pays, pour inciter à décarboner l’économie ou encore pour défendre la compétitivité des entreprises.
Bref : c’est un verrou qui change régulièrement, selon les grandes orientations choisies par un gouvernement. Un rehaussement de la fiscalité carbone ou une baisse de l’accise pour accélérer l’électrification des usages aura un impact sur votre activité, sur vos choix. Même si vous ne pouvez pas avoir entièrement la main sur cet aspect, vous devez rester attentif à l’évolution de cette fiscalité.
Vous pourriez même découvrir votre éligibilité à des régimes fiscaux plus avantageux, comme le taux réduit d’accise dans le cas des industries électro-intensives.
Le transport d’électricité : optimiser le Turpe pour payer son dû
On pourrait croire qu’il est impossible d’échapper au tarif d’utilisation du réseau public de l’électricité (Turpe). Après tout, vous aurez besoin d’être raccordé au réseau. Vous devez financer ce transport, comme l’ensemble des utilisateurs.
Cependant, vous pouvez l’optimiser en l’ajustant selon la puissance réelle que vous soutirez sur le réseau. Dans le cas d’une industrie avec un besoin important en électricité, vous pourrez même négocier pour un raccordement direct au réseau de transport, avec RTE. Il devient même possible de le supprimer partiellement grâce à l’autoconsommation, si vous n’utilisez pas le réseau de transport pour faire de la vente d’un éventuel surplus de production.
La consommation : la sobriété comme stratégie reine
L’énergie la moins chère, c’est celle que vous ne consommerez même pas. Plus de fourniture, plus de transport, plus de fiscalité. Zéro. Chaque baisse de consommation de votre industrie, si tant est que cela ne signifie pas une baisse de la production et de l’activité, sera ainsi bénéfique dans votre stratégie d’achat d’électricité. Vous ne pourrez pas faire mieux.
Mais connaissez-vous déjà les leviers d’efficacité énergétique mobilisable dans votre industrie ? Avez-vous fait un audit énergétique pour identifier d’éventuelles pertes ? En augmentant l’efficacité de vos process et de vos machines, vous pouvez diminuer drastiquement votre budget énergie.
Comment construire votre stratégie achat d’énergie performante dans l’industrie pour les prochaines années ?
Vous devez ainsi vous intéresser à tout ce qui compose le prix de l’électricité ou du gaz pour mieux identifier des moyens d’économiser. Cela vous conduira notamment à avoir une feuille de route stratégique, qui aura l’avantage de s’appuyer sur un budget énergétique prévisionnel et modulable en fonction de la croissance de votre activité.
Pour y parvenir, les outils utilisés par les plus grands consommateurs d’énergie se démocratisent aujourd’hui. Certains comme le PPA deviennent accessibles même avec un volume de consommation plus modeste grâce à la mutualisation et aux communautés énergétiques.
Mieux, avec l’autoconsommation et le développement du stockage énergétique, qu’il soit thermique ou électrique, vous pouvez gagner en flexibilité et oser des stratégies plus complexes… et plus avantageuses sur le long terme.
Avenir des groupements et achats collaboratifs dans l’industrie
Ainsi, des méthodes d’achat différentes existent. Désormais, les achats groupés consacrés à l’énergie dans l’industrie ne peuvent plus avoir pour fonction de simplement de négocier un meilleur montant pour la fourniture, en sachant que cela ne représente qu’une part minoritaire du tarif final de l’électricité. La mutualisation de sa consommation avec d’autres acteurs va permettre de développer de nouvelles stratégies réservées habituellement aux plus gros consommateurs aujourd’hui.
C’est entrer dans une nouvelle ère de sa stratégie d’achat, qui vient par ailleurs compléter vos investissements. En misant sur une électrification de certains usages, en gagnant en efficacité, en parvenant à devenir plus flexible voire en stockant de l’énergie ou de la chaleur, vous pourriez accomplir à terme de réelles économies durables.
C’est adopter une stratégie gagnante avec une réduction de vos risques.
Quand et comment intégrer le renouvelable et l’efficacité énergétique à sa stratégie énergétique ?
C’est à ce moment-là que l’achat d’énergie vient se juxtaposer à deux autres facettes d’une stratégie énergétique réfléchie, cohérente et globale. Ainsi, par de l’optimisation contractuelle et avec un gain en visibilité, vous pouvez intégrer de l’achat lié aux nouvelles sources d’énergies renouvelables.
C’est en particulier le cas des PPA, qui présentent l’avantage d’avoir un coût fixe sur une longue période, qui peut monter à 20 ans, tout en aidant à l’installation de centrales photovoltaïques ou éoliennes.
Par ailleurs, ce changement stratégique convient particulièrement à une réflexion plus large sur le pilotage de sa consommation. En effet, il s’agira pour vous de payer le meilleur prix en consommant lorsque les tarifs sont bas – que ce soit grâce à votre PPA, qui couvrira une partie de vos besoins sur une période de production d’un actif renouvelable, ou lorsque le prix spot diminue sur vos heures d’activité.
Faut-il s’appuyer sur un cabinet de conseil ou un expert énergie externe ?
Cet ensemble de solutions, imbriquées, qui découle d’un changement de stratégie d’achat d’énergie, nécessite le plus souvent une expertise. Les questions énergétiques sont complexes. Le pilotage de sa consommation ne se fait pas naturellement. L’estimation d’un retour sur investissement peut être difficile à calculer, avec des coûts de l’énergie bien souvent volatil.
Vous aurez dès lors besoin d’un service achat avec une spécialisation sur cette question de l’énergie. Mais si vous n’avez pas les moyens et les ressources pour développer cette expertise au sein de votre industrie, vous pouvez choisir de l’externaliser, de la partager avec d’autres industries.
Des cabinets de conseil en énergie apportent des solutions de moyen terme concrètes et peuvent accompagner votre industrie vers des stratégies énergétiques globales. Grâce à un Energy manager à temps partagé, cette stratégie deviendra même évolutive, en fonction du marché ou de votre croissance.
Conclusion : dès 2026, préparez l’avenir en osant aller plus loin dans votre stratégie d’achat d’énergie
Depuis la crise de l’énergie en 2022 et la flambée des prix du gaz, les industriels ont été contraints de s’adapter en un clin d’œil à la nouvelle donne. Mais chassez le naturel et celui-ci revient au galop. Avec l’accalmie des années suivantes et dans un contexte de prix bas qui semblaient favorables au choix du prix fixe, les entreprises pouvaient être tentées de reprendre leur gestion énergétique comme auparavant.
Or, à l’approche de 2030, avec des objectifs climatiques de plus en plus contraignants, avec des crises pétrogazières qui se répètent et avec un risque géopolitique devenu imprévisible, les industriels ne peuvent plus se contenter d’une politique d’achat de l’énergie avec un renouvellement géré au dernier moment. Il faut une stratégie. Vous devez anticiper et avoir une marge de manœuvre pour vous protéger des crises, en fixant vos limites et en aspirant à des leviers de performance. Vous devez vous assurer des prix favorables et maîtrisables.
L’électrification comme stratégie industrielle compétitive
De même que la voiture diesel ou essence perd du terrain – avec un temps de ROI pour l’achat d’une voiture électrique neuve inférieur à 3 ans ! –, les outils industriels thermiques sont en passe d’être dépassés. Dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire, les solutions pour produire de la chaleur avec l’électricité existent déjà. Elles sont disponibles. L’investissement devient compétitif, si tant est que vous les intégrez dans une réflexion générales sur vos achats d’énergie. Avec un contrat d’électricité bien construit, vous pourrez miser sur les solutions d’aujourd’hui et de demain.
Par ailleurs, le secteur énergétique est en pleine mutation. Le développement des renouvelables et des batteries de stockage change la donne. Le coût d’investissement diminue vite. Ces solutions tendent à devenir plus compétitives que les fossiles. Les signaux sont donc particulièrement favorables à une refonte de la stratégie d’achat d’énergie des industriels. Le moment est idoine pour miser sur une électrification et une décarbonation de l’industrie. Les industriels, par leurs choix d’achat, ont les moyens de capter l’électricité lorsqu’elle est la plus décarbonée, de favoriser l’installation de centrales renouvelables, de flexibiliser le réseau, etc.
La stratégie d’achat est ainsi appelée à devenir l’une des pierres angulaires qui responsabilisera la gestion énergétique des industries.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
L’année 2026 a bousculé le secteur de l’énergie. Après une période de calme et de prix particulièrement bas, favorable aux acheteurs, la guerre provoquée par les États-Unis et Israël en Iran a modifié en profondeur le paysage énergétique. Le blocage du détroit d’Ormuz, par où transitait près de 20 % du pétrole et du gaz mondiaux, a enflammé les marchés. D’abord circoncise aux hydrocarbures, l’inflation s’est étendue aux marchés de l’électricité face aux difficultés du parc nucléaire et hydraulique pendant la canicule.
Dans ce contexte de hausse des prix, la stratégie d’achat devient fondamentale. Comment structurer sa stratégie d’achat d’énergie de moyen terme dans ce contexte ? Faut-il s’attendre à une hausse durable ou peut-on miser sur une décrue des prix favorable à votre budget ? Comment anticiper les années plus lointaines face à des mouvements qui affectent surtout l’hiver 2027 ?
Ce n’est plus le moment d’être passif. Il s’agit plutôt de trouver une stratégie qui protège votre budget à court et à moyen terme, en alliant décarbonation, électrification et visibilité budgétaire. C’est le moment pour vous de construire des objectifs de renforcement de votre efficacité énergétique et d’investissements durables grâce à des achats bien estimés et maîtrisés.
En résumé :
- À court terme, vous avez besoin d’établir des bornes pour éviter d’exposer votre industrie à une forte augmentation du budget énergie tout en gardant de la flexibilité pour agir.
- Il vous faut des garanties sur le coût futur de votre fourniture énergétique, avec une réelle valorisation de votre consommation.
- Les industries les plus compétitives s’appuient sur des stratégies d’achat d’énergie long terme, avec une diversification du risque, d’autant plus que l’industrie a besoin du temps long pour fonctionner.
- Cette stratégie permet généralement d’optimiser l’ensemble des composantes de vos factures d’énergie.
- Ces industries sont ainsi de moins en moins exposées aux fluctuations des prix d’une année à l’autre, avec des augmentations moins fortes lors des périodes de crise comme en 2022-2024. Lorsque le risque géopolitique est prédominant et influence l’ensemble des prix énergétiques, c’est essentiel.
- Leur stratégie est également favorable à l’électrification de leurs usages, dans une optique de décarbonation et de protection face aux prix des fossiles.
- La mise en place d’un service achats dédié ou l’appel à un cabinet de conseil en énergie est essentiel pour parvenir à structurer cette stratégie d’achat.
Pourquoi une stratégie achat d’énergie structurée devient indispensable dans l’industrie ?
Évolution du marché après le blocage d’Ormuz et une période de fortes canicules
Les effets du blocage des hydrocarbures au Moyen-Orient se sont d’abord limités aux matières directement concernées, le pétrole et le gaz. Ensuite, avec l’accroissement des tensions et les représailles sur des infrastructures énergétiques saoudiennes, la crainte d’un approvisionnement vers l’Europe à coût élevé s’est accrue. Désormais, les marchés électriques n’y échappent pas et intègrent de fortes primes de risque.
De plus, si l’émergence des énergies renouvelables fait chuter les prix en journée, la surabondance d’électricité se traduit aussi par une volatilité plus forte et des périodes de tension qui deviennent fragiles. Le prix peut atteindre des sommets lors des pics de consommation, par le recours aux centrales à gaz, déstabilisant toute la moyenne de marché. C’était le cas cet été, alors que certains réacteurs nucléaires étaient contraints à l’arrêt pour préserver l’environnement et que l’hydraulique était limité par un débit des courants plus faible. Sans le photovoltaïque en fin de journée, le prix spot s’envolait à plus de 200 €/MWh, pour une moyenne journée supérieure à 100 €/MWh.
En restant partiellement dépendant du gaz, le marché électrique français subit de plein fouet la crise des hydrocarbures, ce qui expose votre industrie à une augmentation des coûts de fourniture.
Les marchés de l’électricité face aux nouveaux enjeux énergétiques industriels
L’industrie se trouve en même temps au cœur de la stratégie bas carbone française. Pour cela, la trajectoire établie est celle d’une électrification d’ampleur du secteur. D’ici 2030, l’industrie doit passer de 37 % de consommation énergétique d’origine électrique à 47 %. Un défi de taille qui doit la pousser à revoir sa stratégie, mais avec la contrainte d’un bien qui ne peut être stocké qu’à la marge, sur des temps courts.
En 2027, les industries françaises vont être plus que jamais incitées à faire les investissements nécessaires pour réussir cette transition et leur électrification. Vous allez avoir besoin de nouvelles machines, de nouveaux process et de nouveaux réflexes pour suivre une évolution des marchés qui peut aller jusqu’au quart d’heure sur le marché spot !
Des impacts économiques réels pour votre industrie
Même avec la possibilité de s’appuyer sur l’autoconsommation photovoltaïque pour réduire son exposition aux marchés énergétiques, la charge des investissements nécessaires peut refroidir les industriels, surtout en cas de manque de visibilité quant au prix futur de l’énergie.
De plus, sans l’Arenh pour offrir une certaine garantie financière et un versement nucléaire universel (VNU) aux contours encore flous, vous êtes exposé aux augmentations des marchés de l’électricité. Vous n’avez plus de garde-fou. Cela rend le sujet d’autant plus présent, urgent et complexe pour les industriels qui veulent s’électrifier.
Or, l’industrie fonctionne avec de nombreuses contraintes, dont celle du temps long. Chaque process possède ses propres problématiques. Certaines machines doivent tourner en continu pour produire. Un redémarrage contraint ou un arrêt de la production à cause de prix élevés aura de grandes conséquences. En 2022, c’est le problème du coût du gaz qui a poussé Duralex à mettre en veille son outil de production, son four gazier, pour lequel le coût énergétique avait quadruplé… ce qui a eu des conséquences néfastes sur la rentabilité de l’entreprise avec des conséquences encore visibles fin 2026.
Vous ne savez pas combien vous paierez pour votre électricité ou votre gaz dans les années à venir ? Vous n’avez pas anticipé ces échéances ? Vous manquez de vision et d’un budget prévisionnel pour votre approvisionnement énergétique ? Ce sont des signes que vous devez revoir et renouveler votre stratégie.
Payez-vous le bon prix ?
Toutes les industries ne paient pas le même prix pour leur approvisionnement électrique ou gazier. En période de crise, certains industriels ont même été confronté à une évolution imprévisible et explosive de leur budget énergétique, mettant en péril des fleurons nationaux comme Duralex.
Pourtant, toutes les industries n’ont pas subi cette période de la même manière. Mauvais timing de signature, contrat figé, stratégie d’achat inadaptée, etc. : les causes sont multiples, mais les écarts sont réels. Grâce à notre fiche pratique, découvrez les stratégies qui permettent de reprendre le contrôle du prix de l’énergie.

Outils et méthodes : comment évaluer et améliorer sa stratégie achat énergie ?
L’achat d’énergie dans l’industrie est aujourd’hui très variable. Certains industriels s’appuient toujours sur le prix fixe, d’autres ont franchi le pas pour des stratégies diversifiés, de long terme.
Les dernières données disponibles sur le prix de l’électricité pour la compétitivité des entreprises industrielles montrent bien que l’évolution est moindre pour celles qui ont osé changer de stratégie. Alors comment faire le bon choix, en toute connaissance de cause ?
Remplissez votre checklist d’autoévaluation du degré de maturité achat énergie
Voici une liste de questions qui peut vous aider à faire le point, dès aujourd’hui, sur votre pratique d’achats d’énergie pour votre industrie et les choix stratégiques que vous pourriez accomplir dans les prochains mois.
- Qui s’occupe de l’achat d’énergie aujourd’hui dans votre industrie ? Existe-t-il un poste ou un service dédié ?
- Quelle a été l’impact de la crise de l’énergie de 2022-2024 sur la compétitivité de votre industrie ?
- Connaissez-vous la date d’échéance de vos contrats actuels ? Avez-vous une visibilité sur vos achats pour plusieurs années ?
- Possédez-vous un contrat long terme pour une partie de votre approvisionnement en gaz ou en électricité ?
- Êtes-vous exposée aux variations de prix de l’énergie proposé par les fournisseurs ?
- Avez-vous conscience et savez-vous évaluer votre degré d’exposition aux risques géopolitiques sur l’approvisionnement en gaz ?
- Avez-vous fait un bilan de vos consommations énergétiques ?
- Votre activité est-elle carbonée ? Risquez-vous de subir l’évolution du coût du carbone avant 2030 ?
- Disposez-vous d’un plan d’action pour décarboner vos usages ?
- Connaissez-vous les contraintes réglementaires qui existent ou devraient entrer en vigueur pour votre secteur ?
- Diriez-vous que votre entreprise a une politique RSE bien définie ou des objectifs climatiques liées à votre stratégie d’achat énergie ?
- Avez-vous des donneurs d’ordre auprès de qui vous pourriez valoriser des achats d’énergie responsables ?
Les innovations technologiques qui changent la donne (IA, automatisation, plateformes digitales)
L’heure est au changement et à la numérisation des données. L’énergie n’y échappe pas, bien au contraire. Le développement des smart grids, avec des compteurs de consommation d’électricité intelligents, permettent d’adapter ses usages, ses besoins, en temps réel.
De nouveaux procédés naissent également du développement de l’intelligence artificielle pour piloter les outils de votre usine. La consommation d’électricité devient de plus en plus malléable, avec du stockage à court terme – qu’il s’agisse de stockage thermique ou électrique –, de la réutilisation de chaleur fatale, de la flexibilité pour contribuer à la stabilité du réseau, etc.
Ces outils sont de plus en plus nombreux, plus accessibles… Ils rendent le choix d’une stratégie énergétique d’autant plus intéressante. Mais ce sont aussi des informations plus fines et multiples, qui peuvent devenir complexes à appréhender sans connaissance complète du secteur énergétique et de sa volatilité.
L’optimisation contractuelle : la négociation individuelle ou groupée ne protège pas à long terme
Sur l’énergie, il peut être tentant de ne s’intéresser qu’au prix de l’achat de la matière première, de la fourniture. Après tout, cela semble être le nerf de la guerre, la seule variable d’ajustement au milieu d’un océan de taxes et de contributions tarifaires fixés par l’État.
Or, il faut savoir sortir de cette obsession du prix d’achat de la fourniture. En effet, pour ce bien de consommation si particulier, ce n’est pas sur ce levier que vous serez capable de faire le plus d’économie. L’heure et le profil de votre consommation joue pour une grande partie du coût réel de votre fourniture.
Surtout, le coût de l’électron ou de la molécule de gaz se situe bien souvent aux alentours de 40 % de la facture finale seulement, selon les derniers calculs relevés par la CRE. La simple négociation contractuelle ne peut pas être l’alpha et l’oméga de votre stratégie énergétique.
Il s’agit surtout de repenser votre manière de consommer, pour que vos achats répondent à vos besoins précis, pour que vous réduisiez ces besoins, pour que vous optimisiez votre puissance de raccordement… voire que vous deveniez vous-même producteur ! Bref, vous devez avoir une stratégie qui agit sur l’ensemble des composantes d’un prix total de l’énergie.
Par où commencer ? Identifier et décrypter les principaux leviers à optimiser (marché, fiscalité, transport, consommation)
Le marché : négocier et apprendre à anticiper
L’électricité s’achète sur un marché. On devrait même plutôt parler de marchés de gros, au pluriel, car même si c’est un bien qui se consomme en temps réel, sans stockage réel à ce jour, il peut être acheté avec des temporalités différentes.
Ainsi, les acheteurs se fournissent en ruban de consommation sur des temps courts ou longs. Par exemple, ils peuvent choisir de prendre un MWh sur une année civile entière, à un prix qui tient compte de l’offre et de la demande à cet instant – et aux prévisions de ce rapport de force à terme.
Il y a donc un levier de négociation si vous parvenez à offrir une sécurité aux fournisseurs d’énergie quant à la capacité d’énergie dont il aura réellement besoin. En lui apportant un volume de consommation, surtout si celui-ci est constant (en baseload), vous offrez une sérénité sur des achats à moyen terme qui doit permettre de négocier un meilleur tarif.
Vous pouvez aussi choisir d’agir par vous-même, en adoptant une stratégie du bloc + spot où vous viendrez vous-même définir des volumes de consommation prévisionnelle avec un ajustement en temps réel, bien souvent à un prix plus intéressant car dénué de prime de risque… ou parce que vos heures de consommation sont moins élevés. En 2025, le marché spot était nettement plus bas qu’en début de journée, avant 10 heures, et surtout par rapport à la période 18 heures-21 heures. Valorisez votre profil de consommation en changeant de stratégie d’achat !
La fiscalité : un levier puissant dont vous n’aurez pas toutes les clés
Dans un contexte budgétaire complexe pour l’État, la taxation de l’énergie est surveillée de très près. En effet, elle peut à la fois représenter un moyen pour le gouvernement d’assurer des rentrées fiscales importantes et un enjeu pour garantir le niveau d’industrialisation du pays, pour inciter à décarboner l’économie ou encore pour défendre la compétitivité des entreprises.
Bref : c’est un verrou qui change régulièrement, selon les grandes orientations choisies par un gouvernement. Un rehaussement de la fiscalité carbone ou une baisse de l’accise pour accélérer l’électrification des usages aura un impact sur votre activité, sur vos choix. Même si vous ne pouvez pas avoir entièrement la main sur cet aspect, vous devez rester attentif à l’évolution de cette fiscalité.
Vous pourriez même découvrir votre éligibilité à des régimes fiscaux plus avantageux, comme le taux réduit d’accise dans le cas des industries électro-intensives.
Le transport d’électricité : optimiser le Turpe pour payer son dû
On pourrait croire qu’il est impossible d’échapper au tarif d’utilisation du réseau public de l’électricité (Turpe). Après tout, vous aurez besoin d’être raccordé au réseau. Vous devez financer ce transport, comme l’ensemble des utilisateurs.
Cependant, vous pouvez l’optimiser en l’ajustant selon la puissance réelle que vous soutirez sur le réseau. Dans le cas d’une industrie avec un besoin important en électricité, vous pourrez même négocier pour un raccordement direct au réseau de transport, avec RTE. Il devient même possible de le supprimer partiellement grâce à l’autoconsommation, si vous n’utilisez pas le réseau de transport pour faire de la vente d’un éventuel surplus de production.
La consommation : la sobriété comme stratégie reine
L’énergie la moins chère, c’est celle que vous ne consommerez même pas. Plus de fourniture, plus de transport, plus de fiscalité. Zéro. Chaque baisse de consommation de votre industrie, si tant est que cela ne signifie pas une baisse de la production et de l’activité, sera ainsi bénéfique dans votre stratégie d’achat d’électricité. Vous ne pourrez pas faire mieux.
Mais connaissez-vous déjà les leviers d’efficacité énergétique mobilisable dans votre industrie ? Avez-vous fait un audit énergétique pour identifier d’éventuelles pertes ? En augmentant l’efficacité de vos process et de vos machines, vous pouvez diminuer drastiquement votre budget énergie.
Comment construire votre stratégie achat d’énergie performante dans l’industrie pour les prochaines années ?
Vous devez ainsi vous intéresser à tout ce qui compose le prix de l’électricité ou du gaz pour mieux identifier des moyens d’économiser. Cela vous conduira notamment à avoir une feuille de route stratégique, qui aura l’avantage de s’appuyer sur un budget énergétique prévisionnel et modulable en fonction de la croissance de votre activité.
Pour y parvenir, les outils utilisés par les plus grands consommateurs d’énergie se démocratisent aujourd’hui. Certains comme le PPA deviennent accessibles même avec un volume de consommation plus modeste grâce à la mutualisation et aux communautés énergétiques.
Mieux, avec l’autoconsommation et le développement du stockage énergétique, qu’il soit thermique ou électrique, vous pouvez gagner en flexibilité et oser des stratégies plus complexes… et plus avantageuses sur le long terme.
Avenir des groupements et achats collaboratifs dans l’industrie
Ainsi, des méthodes d’achat différentes existent. Désormais, les achats groupés consacrés à l’énergie dans l’industrie ne peuvent plus avoir pour fonction de simplement de négocier un meilleur montant pour la fourniture, en sachant que cela ne représente qu’une part minoritaire du tarif final de l’électricité. La mutualisation de sa consommation avec d’autres acteurs va permettre de développer de nouvelles stratégies réservées habituellement aux plus gros consommateurs aujourd’hui.
C’est entrer dans une nouvelle ère de sa stratégie d’achat, qui vient par ailleurs compléter vos investissements. En misant sur une électrification de certains usages, en gagnant en efficacité, en parvenant à devenir plus flexible voire en stockant de l’énergie ou de la chaleur, vous pourriez accomplir à terme de réelles économies durables.
C’est adopter une stratégie gagnante avec une réduction de vos risques.
Quand et comment intégrer le renouvelable et l’efficacité énergétique à sa stratégie énergétique ?
C’est à ce moment-là que l’achat d’énergie vient se juxtaposer à deux autres facettes d’une stratégie énergétique réfléchie, cohérente et globale. Ainsi, par de l’optimisation contractuelle et avec un gain en visibilité, vous pouvez intégrer de l’achat lié aux nouvelles sources d’énergies renouvelables.
C’est en particulier le cas des PPA, qui présentent l’avantage d’avoir un coût fixe sur une longue période, qui peut monter à 20 ans, tout en aidant à l’installation de centrales photovoltaïques ou éoliennes.
Par ailleurs, ce changement stratégique convient particulièrement à une réflexion plus large sur le pilotage de sa consommation. En effet, il s’agira pour vous de payer le meilleur prix en consommant lorsque les tarifs sont bas – que ce soit grâce à votre PPA, qui couvrira une partie de vos besoins sur une période de production d’un actif renouvelable, ou lorsque le prix spot diminue sur vos heures d’activité.
Faut-il s’appuyer sur un cabinet de conseil ou un expert énergie externe ?
Cet ensemble de solutions, imbriquées, qui découle d’un changement de stratégie d’achat d’énergie, nécessite le plus souvent une expertise. Les questions énergétiques sont complexes. Le pilotage de sa consommation ne se fait pas naturellement. L’estimation d’un retour sur investissement peut être difficile à calculer, avec des coûts de l’énergie bien souvent volatil.
Vous aurez dès lors besoin d’un service achat avec une spécialisation sur cette question de l’énergie. Mais si vous n’avez pas les moyens et les ressources pour développer cette expertise au sein de votre industrie, vous pouvez choisir de l’externaliser, de la partager avec d’autres industries.
Des cabinets de conseil en énergie apportent des solutions de moyen terme concrètes et peuvent accompagner votre industrie vers des stratégies énergétiques globales. Grâce à un Energy manager à temps partagé, cette stratégie deviendra même évolutive, en fonction du marché ou de votre croissance.
Conclusion : dès 2026, préparez l’avenir en osant aller plus loin dans votre stratégie d’achat d’énergie
Depuis la crise de l’énergie en 2022 et la flambée des prix du gaz, les industriels ont été contraints de s’adapter en un clin d’œil à la nouvelle donne. Mais chassez le naturel et celui-ci revient au galop. Avec l’accalmie des années suivantes et dans un contexte de prix bas qui semblaient favorables au choix du prix fixe, les entreprises pouvaient être tentées de reprendre leur gestion énergétique comme auparavant.
Or, à l’approche de 2030, avec des objectifs climatiques de plus en plus contraignants, avec des crises pétrogazières qui se répètent et avec un risque géopolitique devenu imprévisible, les industriels ne peuvent plus se contenter d’une politique d’achat de l’énergie avec un renouvellement géré au dernier moment. Il faut une stratégie. Vous devez anticiper et avoir une marge de manœuvre pour vous protéger des crises, en fixant vos limites et en aspirant à des leviers de performance. Vous devez vous assurer des prix favorables et maîtrisables.
L’électrification comme stratégie industrielle compétitive
De même que la voiture diesel ou essence perd du terrain – avec un temps de ROI pour l’achat d’une voiture électrique neuve inférieur à 3 ans ! –, les outils industriels thermiques sont en passe d’être dépassés. Dans certains secteurs, comme l’agroalimentaire, les solutions pour produire de la chaleur avec l’électricité existent déjà. Elles sont disponibles. L’investissement devient compétitif, si tant est que vous les intégrez dans une réflexion générales sur vos achats d’énergie. Avec un contrat d’électricité bien construit, vous pourrez miser sur les solutions d’aujourd’hui et de demain.
Par ailleurs, le secteur énergétique est en pleine mutation. Le développement des renouvelables et des batteries de stockage change la donne. Le coût d’investissement diminue vite. Ces solutions tendent à devenir plus compétitives que les fossiles. Les signaux sont donc particulièrement favorables à une refonte de la stratégie d’achat d’énergie des industriels. Le moment est idoine pour miser sur une électrification et une décarbonation de l’industrie. Les industriels, par leurs choix d’achat, ont les moyens de capter l’électricité lorsqu’elle est la plus décarbonée, de favoriser l’installation de centrales renouvelables, de flexibiliser le réseau, etc.
La stratégie d’achat est ainsi appelée à devenir l’une des pierres angulaires qui responsabilisera la gestion énergétique des industries.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.



