Les boulangers ont vécu durement la période de la crise et doivent désormais gérer leur activité avec une incertitude planante sur l’avenir des prix de l’énergie. Même en période de prix bas, la crainte demeure d’une nouvelle explosion des tarifs de l’électricité.
Sans dispositif Arenh protecteur – remplacé par un VNU inopérant –, sans visibilité sur les prix et bien souvent sans le foncier nécessaire pour se tourner vers une autoconsommation suffisante, que peuvent faire les boulangeries-pâtisseries aujourd’hui ? La hausse des factures est-elle évitable ? Y a-t-il des contrats plus avantageux que d’autres ?
De nombreux fournisseurs d’énergie proposent des offres spécifiques pour les boulangeries artisanales. Leurs tarifs sont parfois avantageux, mais il est nécessaire de s’assurer auparavant que le contrat correspondra bien à vos besoins. Tout dépend en réalité de vos équipements, de vos habitudes de travail ou même encore de votre capacité à adapter votre production.
Alors, comment trouver un contrat qui soit un moyen de défendre la compétitivité de votre boulangerie en 2026 ? Collectif Énergie vous explique les tenants et les aboutissants derrière une offre d’électricité dédiée aux boulangers.
En résumé :
- des contrats s’adaptent à votre profil énergétique et à vos heures de consommation ;
- toutes les offres typées « boulangeries » ne sont pas adaptées, car vous pouvez avoir une consommation différente du seul créneau matinal ;
- avec un four électrique, il est essentiel de flécher ses heures de consommation vers des prix bas pour gagner en compétitivité ;
- les contrats en bloc + spot peuvent offrir un avantage concurrentiel si vous avez la possibilité d’adapter vos heures de production ;
- votre facture se compose également de taxes (TICFE, Turpe, etc.) qui peuvent être optimisées ou à prix réduit.
Quel contrat d’énergie choisir selon le rythme de production d’une boulangerie ?
Comprendre la consommation énergétique spécifique d’une boulangerie
Une boulangerie a des besoins énergétiques élevés. La grande majorité des dépenses dépend néanmoins d’un facteur clé : la cuisson. C’est le four, qu’il soit au gaz ou à l’électricité, qui vient gonfler votre demande.
En plus de ces outils différents, la période de travail et de cuisson d’un boulanger n’est pas la même pour tous. Certains travaillent uniquement tôt, le matin, pour proposer pains frais en début de journée. D’autres étalent leur production sur l’ensemble d’une journée, avec du pain frais à toute heure.
Difficile alors de penser qu’un unique contrat puisse convenir à l’ensemble des boulangers. Mieux vaut avoir connaissance des points déterminants du contrat d’énergie qui feront varier le montant sur la facture.
Facteurs déterminants : puissance, horaires, équipements
Il y a donc plusieurs facteurs qui vont être déterminants pour la facture finale.
- La puissance d’appel va déterminer le Turpe, qui se retrouve ensuite dans le prix de votre abonnement à l’électricité. Une puissance souscrite trop faible vous expose à des pénalités régulières, tandis qu’une puissance trop élevée se traduit par un coût fixe plus important que nécessaire.
- L’électricité n’a pas le même prix à toutes les heures. Que ce soit sur le marché de gros (en particulier avec le marché spot) ou sur le marché de détails (avec le système des heures pleines et heures creuses, par exemple), les prix fluctuent. Certains tarifs dits peakload correspondent même à un créneau bien spécifique, historiquement de « pic de consommation » : les jours ouvrés entre 8 h et 20 h.
- Enfin, les équipements sont plus ou moins performants et peuvent faire gonfler ou non la facture. Généralement, on estime que le gaz est moins cher, avec des taxes plus faibles, mais reste moins efficace énergétiquement.
Astuce : comment avoir un contrat ajustable à ses pics ou baisses d’activité ?
L’activité d’une boulangerie n’est pas aussi saisonnière que celle des campings, mais vous pouvez être sujet à des pics d’activité. Si votre activité connait des périodes fastes pendant les vacances – en zone touristique – ou à l’inverse est fortement liée aux zones résidentielles environnantes ou aux bureaux situés à proximité, pourquoi ne pas envisager un contrat avec une puissance modulable ?
Une puissance avec une version tarifaire du Turpe en « moyenne utilisation » ou en « courte utilisation » peut faire la différence. En fait, le prix de l’abonnement sur votre contrat d’électricité sera alors moins élevé, ce qui vous favorisera sur les périodes où vous consommez peu.
Quelles sont les options tarifaires réellement avantageuses aujourd’hui ?
Prix fixe ou prix indexé : que retenir pour stabiliser ses coûts ?
Le prix fixe est lisible, attirant, facile à comprendre. Le tarif indexé comprend souvent des promesses de baisse de vos coûts immédiats, mais pourrait se retourner contre vous en cas de hausse sur les marchés. Tout dépend du référentiel d’indexation et de votre connaissance du marché. Mais ce débat entre prix fixe et indexé n’est pas le cœur des arbitrages budgétaires pour une boulangerie-pâtisserie.
Dans votre activité, surtout si votre production – principalement la cuisson – est électrifiée, votre consommation n’est pas stable. Entre les jours d’ouverture et de fermeture et surtout au sein d’une journée, vos besoins électriques fluctuent. Ils changent. Ils évoluent. Alors en valorisant et en flexibilisant autant votre contrat que votre manière de dépenser de l’énergie, vous pourrez stabiliser votre budget énergétique et en faire un levier de performance et de compétitivité.
Heures pleines et heures creuses : une solution rentable pour les boulangers ?
Le système des heures creuses est un mécanisme réglementaire qui donne accès à 8 heures à tarif préférentiel au cours de la journée, le plus souvent la nuit. Il a été mis en place pour inciter les usagers à décaler leur consommation qui pouvait l’être (machines à laver, chauffe-eau, etc.)
En tant que boulanger, vous travaillez bien souvent sur des heures creuses, surtout pour celles qui se situent encore au cœur de la nuit. Le système présente donc un avantage pour vos tarifs de l’électricité.
Mais cela risque de changer avec l’évolution souhaitée par la CRE pour aligner les heures creuses avec les pics de production solaire. En effet, depuis novembre 2025, les heures creuses sont décalées progressivement pour se concentrer davantage sur le milieu de la journée – tout en conservant au minimum 5 heures consécutives la nuit.
Si vous n’avez pas de besoin en cuisson entre 11 heures et 17 heures, la période visée par les nouvelles heures creuses, le système pourrait être moins intéressant… d’autant que vous ne pouvez pas les choisir ! Seul Enedis est maître à bord sur ce sujet.
Adopter le contrat bloc + spot : les boulangers peuvent-ils tirer profit du signal prix pour une gestion durable ?
Par ailleurs, le système des heures creuses ne convient pas à l’ensemble des boulangeries, puisque votre production peut s’étendre sur une journée entière. Surtout : en adaptant leur production, les boulangers peuvent éviter le pic matinal du marché spot.
C’est l’un des principes majeurs du bloc + spot : garantir un prix assez stable pour les besoins essentiels de la boulangerie, mais aussi lui proposer des périodes où les prix seront nettement plus incitatifs… en alignement direct avec l’équilibre entre offre et demande.
En effet, l’électricité ne coûte pas le même prix tout au long d’une journée. De façon assez schématique, avec l’émergence du solaire et de l’éolien, deux périodes de prix hauts se démarquent : de 8 h à 11 h puis de 18 h à 21 h. Cette courbe en chapeau du Petit Prince pourrait alors être profitable aux boulangers capables de décaler leur second créneau de production vers le milieu de la journée, proposant à leurs clients des pains chauds à toute heure !
Si votre première fournée cuit avant le début de la matinée et que votre deuxième est préparée entre midi et cinq heures, un ajustement au spot peut vous être très largement favorable.
Comment repérer les pièges et optimiser la signature de son contrat d’énergie ?
Y a-t-il encore des dispositifs ou des aides pour les boulangers en 2025-2026 ?
Avec la fin de la période de crise de l’énergie, les mécanismes de bouclier tarifaire ont progressivement été supprimés à partir de 2024.
Le dispositif de l’Arenh n’existe plus non plus depuis le 1er janvier 2026. Il a été remplacé par un Versement nucléaire universel, un mécanisme de taxation progressive des revenus nucléaires d’EDF dont les modalités pratiques restent en cours de définition pour les consommateurs finaux. Cependant, compte tenu des prix bas sur les marchés actuellement – nettement inférieurs aux seuils de taxation –, le VNU n’aura pas d’effet sur vos factures en 2026 ou 2027.
Autrement dit, depuis le 1er janvier 2026, vous êtes davantage exposés aux aléas des marchés de l’énergie, et par conséquent à des changements tarifaires assez brutaux.
Durée d’engagement, clauses de résiliation, options cachées : le vrai/faux du marché pro
- Les boulangers n’ont pas accès aux tarifs réglementés : faux.
L’ensemble des petites entreprises peuvent opter pour les TRVE, tant que leur chiffre d’affaires est inférieur à 2 millions d’euros et qu’elles emploient moins de 10 salarié·es. De plus, depuis le 1er février 2025, la limite de puissance à 36 kVA n’existe plus pour les TRVE, ce qui rend éligibles de nombreuses boulangeries.
- Mon budget sera stable avec un prix fixe : faux.
Le montant de votre facture finale dépend de votre consommation réelle (bien évidemment), mais aussi d’éventuelles évolutions dont les taxes et contributions tarifaires (l’acheminement) qui peuvent correspondre à plus 50 % du total.
- Je peux changer de fournisseur quand je veux : presque vrai.
Contrairement aux contrats proposés aux particuliers, les contrats professionnels possèdent généralement une durée d’engagement. Vous ne pourrez souscrire avec un autre fournisseur sur cette période sans pénalités financières. Cependant, vous pouvez anticiper votre fin de contrat et choisir un nouveau fournisseur dès maintenant pour prendre le relai après votre période d’engagement.
- L’électricité est de plus en plus chère : à nuancer.
Il y a eu la crise de l’énergie en 2022, avec des difficultés d’approvisionnement en gaz à cause de la guerre en Ukraine et un niveau historiquement bas de la production d’électricité nucléaire et hydraulique. Depuis, les marchés à terme ont retrouvé un niveau assez bas, aux alentours de 50 €/MWh. Cependant, la modernisation et les investissements dans le réseau pourraient peser lourd sur certaines composantes de votre facture à l’avenir.
- L’énergie verte est plus coûteuse : pas toujours vrai.
Les énergies renouvelables ont un coût non négligeable à l’investissement. Elles sont donc relativement chères dans l’immédiat, ce qui incite l’État à la mise en place d’aides comme le prix d’achat garanti. Cependant, ce coût pourrait diminuer dans le temps puisque les renouvelables ont l’avantage d’avoir un coût de production… quasi nul. Leur « combustible », le vent ou le soleil, est disponible gratuitement – contrairement au gaz, à l’uranium ou encore le pétrole.
Mieux : en achetant son électricité sur le marché spot, qui reflète le coût marginal de production électrique, les heures de production uniquement renouvelables sont moins coûteuses ! Autrement dit : lorsque vous payez moins, c’est que vous achetez vert.
Les erreurs fréquentes à ne pas commettre lors du choix
De nombreux contrats avec les fournisseurs fonctionnent avec un principe de tacite reconduction. Cela peut être piégeux lors des périodes de flambée sur les marchés de l’énergie, puisque le prix de fourniture risque de grimper lors du renouvellement. Sans y prêter attention, vous pourriez alors être à nouveau engagé avec un montant qui ne vous convient pas.
Par ailleurs, les contrats d’électricité ou de gaz avec engagement prévoient des pénalités en cas de dénonciation précoce. Si vous connaissez le montant que cela représente, cela peut permettre de mieux arbitrer entre rester avec un contrat au tarif du kWh élevé et changer pour un nouveau fournisseur… quitte à payer ces pénalités.
Enfin, la dernière erreur cruciale est celle de ne pas avoir d’explication sur la construction des prix dans votre contrat et d’éventuelles clauses en cas de dépassement de puissance, de prix plus élevés sur certaines périodes de consommation ou même d’indexation partielle de votre option tarifaire.
Courtier, comparateur ou négociation directe : quelle démarche maximise vos économies ?
Le courtier, c’est a priori un comparateur fiable qui saura vous guider vers la formule qui vous conviendra. Pour cela, l’essentiel est de se rapprocher d’un courtier de confiance, qui saura à la fois réellement faire marcher la concurrence pour dénicher l’offre la plus intéressante sur le moment, mais aussi vous expliquer ce que contient cette offre pour que vous ayez la main et une compréhension de votre budget énergétique.
La négociation directe peut être un levier puissant auprès d’un fournisseur d’énergie si vous avez un niveau de consommation suffisant pour accéder à certaines stratégies comme le bloc + spot.
Aujourd’hui, en dessous d’une consommation annuelle d’un gigawattheure, la négociation directe sera difficile. Pourtant, elle reste possible dans le cadre d’offres spécifiques de type achat groupé. En agrégeant votre consommation avec des boulangeries au profil énergétique similaire, vous bénéficierez d’un levier de négociation par la force du nombre.
Quels leviers pour encore réduire sa facture d’énergie en boulangerie ?
Écogestes adaptés et organisations gagnantes
De nombreux écogestes peuvent être adoptés au sein de votre boulangerie pour limiter les déperditions énergétiques. De la maîtrise du temps de préchauffage à la gestion de votre éclairage en fonction des heures de travail, sans négliger une climatisation du bâtiment correctement configurée avec un chauffage qui respecte la consigne des 19 °C maximum, de nombreuses actions sont disponibles pour les boulangers.
Celles-ci ont d’ailleurs été regroupées et répertoriées dans un guide pratique, mis à disposition par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.
Modernisation des équipements : four, froid, éclairage…
L’électrification des usages doit également être un levier, en décarbonant son activité, pour réduire sa facture. Attention cependant aux écueils qui existent toujours avec cette solution, comme une puissance appelée plus importante mais aussi une dépendance plus grande au seul marché de l’électricité, même si la France est dans une position relativement favorable avec une surproduction structurelle depuis 2024.
L’énergie la moins chère demeure celle qui n’est pas consommée ou dont on parvient à maximiser l’efficacité. Par conséquent, la modernisation des équipements indispensables dans votre boulangerie (four, groupe froid…) peut être un investissement au fort ROI.
Valorisez la chaleur produite
Enfin, vous le savez : vos fours chauffent. Beaucoup. Vos machines pour maintenir le froid chauffent également. Bien souvent, il s’agit d’une chaleur dite fatale, c’est-à-dire qui n’est pas réutilisée.
De plus en plus de systèmes valorisent des chaleurs « moyennes » (inférieures à 100 °C) pour de nouvelles utilisations, que ce soit pour du séchage, du chauffage ou de la production d’eau chaude sanitaire. Valoriser la chaleur fatale, c’est un écogeste concret et efficace.
Conclusion : si le contrat idéal n’existe pas, l’expertise vous protège
Pour ne pas subir la variation des prix de l’énergie dans les prochaines années, votre boulangerie ne peut plus se contenter d’être passive dans le choix de son option tarifaire. Vous devez agir sur votre fourniture électrique !
L’habitude d’un achat à prix fixe, avec un engagement de plusieurs années et une tacite reconduction, semble à première vue une solution confortable. Le tarif de l’électricité est rapidement négocié. Vous savez à l’avance ce que vous allez payer en fonction de votre consommation. Vous ne perdez pas de temps à réfléchir à ce sujet.
Néanmoins, c’est un comportement qui n’est pas exempt de risques, même en passant par un professionnel comme le courtier en énergie. Le principal risque est le pendant de son plus grand avantage : oublier que l’énergie est un coût de fourniture, qui mérite une véritable stratégie d’approvisionnement et des choix mûrement réfléchis.
Bien sûr, c’est une contrainte de temps pour vous. Comparer les offres, comprendre les options, comparer avec votre profil de consommation, évaluer les risques lors d’un investissement dans la modernisation de votre matériel… La charge mentale peut être effrayante. Pour y faire face, de nombreux experts proposent leur service et vous donnent les moyens de faire les bons choix, de manière fiable et avec une stratégie personnalisée.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
Les boulangers ont vécu durement la période de la crise et doivent désormais gérer leur activité avec une incertitude planante sur l’avenir des prix de l’énergie. Même en période de prix bas, la crainte demeure d’une nouvelle explosion des tarifs de l’électricité.
Sans dispositif Arenh protecteur – remplacé par un VNU inopérant –, sans visibilité sur les prix et bien souvent sans le foncier nécessaire pour se tourner vers une autoconsommation suffisante, que peuvent faire les boulangeries-pâtisseries aujourd’hui ? La hausse des factures est-elle évitable ? Y a-t-il des contrats plus avantageux que d’autres ?
De nombreux fournisseurs d’énergie proposent des offres spécifiques pour les boulangeries artisanales. Leurs tarifs sont parfois avantageux, mais il est nécessaire de s’assurer auparavant que le contrat correspondra bien à vos besoins. Tout dépend en réalité de vos équipements, de vos habitudes de travail ou même encore de votre capacité à adapter votre production.
Alors, comment trouver un contrat qui soit un moyen de défendre la compétitivité de votre boulangerie en 2026 ? Collectif Énergie vous explique les tenants et les aboutissants derrière une offre d’électricité dédiée aux boulangers.
En résumé :
- des contrats s’adaptent à votre profil énergétique et à vos heures de consommation ;
- toutes les offres typées « boulangeries » ne sont pas adaptées, car vous pouvez avoir une consommation différente du seul créneau matinal ;
- avec un four électrique, il est essentiel de flécher ses heures de consommation vers des prix bas pour gagner en compétitivité ;
- les contrats en bloc + spot peuvent offrir un avantage concurrentiel si vous avez la possibilité d’adapter vos heures de production ;
- votre facture se compose également de taxes (TICFE, Turpe, etc.) qui peuvent être optimisées ou à prix réduit.
Quel contrat d’énergie choisir selon le rythme de production d’une boulangerie ?
Comprendre la consommation énergétique spécifique d’une boulangerie
Une boulangerie a des besoins énergétiques élevés. La grande majorité des dépenses dépend néanmoins d’un facteur clé : la cuisson. C’est le four, qu’il soit au gaz ou à l’électricité, qui vient gonfler votre demande.
En plus de ces outils différents, la période de travail et de cuisson d’un boulanger n’est pas la même pour tous. Certains travaillent uniquement tôt, le matin, pour proposer pains frais en début de journée. D’autres étalent leur production sur l’ensemble d’une journée, avec du pain frais à toute heure.
Difficile alors de penser qu’un unique contrat puisse convenir à l’ensemble des boulangers. Mieux vaut avoir connaissance des points déterminants du contrat d’énergie qui feront varier le montant sur la facture.
Facteurs déterminants : puissance, horaires, équipements
Il y a donc plusieurs facteurs qui vont être déterminants pour la facture finale.
- La puissance d’appel va déterminer le Turpe, qui se retrouve ensuite dans le prix de votre abonnement à l’électricité. Une puissance souscrite trop faible vous expose à des pénalités régulières, tandis qu’une puissance trop élevée se traduit par un coût fixe plus important que nécessaire.
- L’électricité n’a pas le même prix à toutes les heures. Que ce soit sur le marché de gros (en particulier avec le marché spot) ou sur le marché de détails (avec le système des heures pleines et heures creuses, par exemple), les prix fluctuent. Certains tarifs dits peakload correspondent même à un créneau bien spécifique, historiquement de « pic de consommation » : les jours ouvrés entre 8 h et 20 h.
- Enfin, les équipements sont plus ou moins performants et peuvent faire gonfler ou non la facture. Généralement, on estime que le gaz est moins cher, avec des taxes plus faibles, mais reste moins efficace énergétiquement.
Astuce : comment avoir un contrat ajustable à ses pics ou baisses d’activité ?
L’activité d’une boulangerie n’est pas aussi saisonnière que celle des campings, mais vous pouvez être sujet à des pics d’activité. Si votre activité connait des périodes fastes pendant les vacances – en zone touristique – ou à l’inverse est fortement liée aux zones résidentielles environnantes ou aux bureaux situés à proximité, pourquoi ne pas envisager un contrat avec une puissance modulable ?
Une puissance avec une version tarifaire du Turpe en « moyenne utilisation » ou en « courte utilisation » peut faire la différence. En fait, le prix de l’abonnement sur votre contrat d’électricité sera alors moins élevé, ce qui vous favorisera sur les périodes où vous consommez peu.
Quelles sont les options tarifaires réellement avantageuses aujourd’hui ?
Prix fixe ou prix indexé : que retenir pour stabiliser ses coûts ?
Le prix fixe est lisible, attirant, facile à comprendre. Le tarif indexé comprend souvent des promesses de baisse de vos coûts immédiats, mais pourrait se retourner contre vous en cas de hausse sur les marchés. Tout dépend du référentiel d’indexation et de votre connaissance du marché. Mais ce débat entre prix fixe et indexé n’est pas le cœur des arbitrages budgétaires pour une boulangerie-pâtisserie.
Dans votre activité, surtout si votre production – principalement la cuisson – est électrifiée, votre consommation n’est pas stable. Entre les jours d’ouverture et de fermeture et surtout au sein d’une journée, vos besoins électriques fluctuent. Ils changent. Ils évoluent. Alors en valorisant et en flexibilisant autant votre contrat que votre manière de dépenser de l’énergie, vous pourrez stabiliser votre budget énergétique et en faire un levier de performance et de compétitivité.
Heures pleines et heures creuses : une solution rentable pour les boulangers ?
Le système des heures creuses est un mécanisme réglementaire qui donne accès à 8 heures à tarif préférentiel au cours de la journée, le plus souvent la nuit. Il a été mis en place pour inciter les usagers à décaler leur consommation qui pouvait l’être (machines à laver, chauffe-eau, etc.)
En tant que boulanger, vous travaillez bien souvent sur des heures creuses, surtout pour celles qui se situent encore au cœur de la nuit. Le système présente donc un avantage pour vos tarifs de l’électricité.
Mais cela risque de changer avec l’évolution souhaitée par la CRE pour aligner les heures creuses avec les pics de production solaire. En effet, depuis novembre 2025, les heures creuses sont décalées progressivement pour se concentrer davantage sur le milieu de la journée – tout en conservant au minimum 5 heures consécutives la nuit.
Si vous n’avez pas de besoin en cuisson entre 11 heures et 17 heures, la période visée par les nouvelles heures creuses, le système pourrait être moins intéressant… d’autant que vous ne pouvez pas les choisir ! Seul Enedis est maître à bord sur ce sujet.
Adopter le contrat bloc + spot : les boulangers peuvent-ils tirer profit du signal prix pour une gestion durable ?
Par ailleurs, le système des heures creuses ne convient pas à l’ensemble des boulangeries, puisque votre production peut s’étendre sur une journée entière. Surtout : en adaptant leur production, les boulangers peuvent éviter le pic matinal du marché spot.
C’est l’un des principes majeurs du bloc + spot : garantir un prix assez stable pour les besoins essentiels de la boulangerie, mais aussi lui proposer des périodes où les prix seront nettement plus incitatifs… en alignement direct avec l’équilibre entre offre et demande.
En effet, l’électricité ne coûte pas le même prix tout au long d’une journée. De façon assez schématique, avec l’émergence du solaire et de l’éolien, deux périodes de prix hauts se démarquent : de 8 h à 11 h puis de 18 h à 21 h. Cette courbe en chapeau du Petit Prince pourrait alors être profitable aux boulangers capables de décaler leur second créneau de production vers le milieu de la journée, proposant à leurs clients des pains chauds à toute heure !
Si votre première fournée cuit avant le début de la matinée et que votre deuxième est préparée entre midi et cinq heures, un ajustement au spot peut vous être très largement favorable.
Comment repérer les pièges et optimiser la signature de son contrat d’énergie ?
Y a-t-il encore des dispositifs ou des aides pour les boulangers en 2025-2026 ?
Avec la fin de la période de crise de l’énergie, les mécanismes de bouclier tarifaire ont progressivement été supprimés à partir de 2024.
Le dispositif de l’Arenh n’existe plus non plus depuis le 1er janvier 2026. Il a été remplacé par un Versement nucléaire universel, un mécanisme de taxation progressive des revenus nucléaires d’EDF dont les modalités pratiques restent en cours de définition pour les consommateurs finaux. Cependant, compte tenu des prix bas sur les marchés actuellement – nettement inférieurs aux seuils de taxation –, le VNU n’aura pas d’effet sur vos factures en 2026 ou 2027.
Autrement dit, depuis le 1er janvier 2026, vous êtes davantage exposés aux aléas des marchés de l’énergie, et par conséquent à des changements tarifaires assez brutaux.
Durée d’engagement, clauses de résiliation, options cachées : le vrai/faux du marché pro
- Les boulangers n’ont pas accès aux tarifs réglementés : faux.
L’ensemble des petites entreprises peuvent opter pour les TRVE, tant que leur chiffre d’affaires est inférieur à 2 millions d’euros et qu’elles emploient moins de 10 salarié·es. De plus, depuis le 1er février 2025, la limite de puissance à 36 kVA n’existe plus pour les TRVE, ce qui rend éligibles de nombreuses boulangeries.
- Mon budget sera stable avec un prix fixe : faux.
Le montant de votre facture finale dépend de votre consommation réelle (bien évidemment), mais aussi d’éventuelles évolutions dont les taxes et contributions tarifaires (l’acheminement) qui peuvent correspondre à plus 50 % du total.
- Je peux changer de fournisseur quand je veux : presque vrai.
Contrairement aux contrats proposés aux particuliers, les contrats professionnels possèdent généralement une durée d’engagement. Vous ne pourrez souscrire avec un autre fournisseur sur cette période sans pénalités financières. Cependant, vous pouvez anticiper votre fin de contrat et choisir un nouveau fournisseur dès maintenant pour prendre le relai après votre période d’engagement.
- L’électricité est de plus en plus chère : à nuancer.
Il y a eu la crise de l’énergie en 2022, avec des difficultés d’approvisionnement en gaz à cause de la guerre en Ukraine et un niveau historiquement bas de la production d’électricité nucléaire et hydraulique. Depuis, les marchés à terme ont retrouvé un niveau assez bas, aux alentours de 50 €/MWh. Cependant, la modernisation et les investissements dans le réseau pourraient peser lourd sur certaines composantes de votre facture à l’avenir.
- L’énergie verte est plus coûteuse : pas toujours vrai.
Les énergies renouvelables ont un coût non négligeable à l’investissement. Elles sont donc relativement chères dans l’immédiat, ce qui incite l’État à la mise en place d’aides comme le prix d’achat garanti. Cependant, ce coût pourrait diminuer dans le temps puisque les renouvelables ont l’avantage d’avoir un coût de production… quasi nul. Leur « combustible », le vent ou le soleil, est disponible gratuitement – contrairement au gaz, à l’uranium ou encore le pétrole.
Mieux : en achetant son électricité sur le marché spot, qui reflète le coût marginal de production électrique, les heures de production uniquement renouvelables sont moins coûteuses ! Autrement dit : lorsque vous payez moins, c’est que vous achetez vert.
Les erreurs fréquentes à ne pas commettre lors du choix
De nombreux contrats avec les fournisseurs fonctionnent avec un principe de tacite reconduction. Cela peut être piégeux lors des périodes de flambée sur les marchés de l’énergie, puisque le prix de fourniture risque de grimper lors du renouvellement. Sans y prêter attention, vous pourriez alors être à nouveau engagé avec un montant qui ne vous convient pas.
Par ailleurs, les contrats d’électricité ou de gaz avec engagement prévoient des pénalités en cas de dénonciation précoce. Si vous connaissez le montant que cela représente, cela peut permettre de mieux arbitrer entre rester avec un contrat au tarif du kWh élevé et changer pour un nouveau fournisseur… quitte à payer ces pénalités.
Enfin, la dernière erreur cruciale est celle de ne pas avoir d’explication sur la construction des prix dans votre contrat et d’éventuelles clauses en cas de dépassement de puissance, de prix plus élevés sur certaines périodes de consommation ou même d’indexation partielle de votre option tarifaire.
Courtier, comparateur ou négociation directe : quelle démarche maximise vos économies ?
Le courtier, c’est a priori un comparateur fiable qui saura vous guider vers la formule qui vous conviendra. Pour cela, l’essentiel est de se rapprocher d’un courtier de confiance, qui saura à la fois réellement faire marcher la concurrence pour dénicher l’offre la plus intéressante sur le moment, mais aussi vous expliquer ce que contient cette offre pour que vous ayez la main et une compréhension de votre budget énergétique.
La négociation directe peut être un levier puissant auprès d’un fournisseur d’énergie si vous avez un niveau de consommation suffisant pour accéder à certaines stratégies comme le bloc + spot.
Aujourd’hui, en dessous d’une consommation annuelle d’un gigawattheure, la négociation directe sera difficile. Pourtant, elle reste possible dans le cadre d’offres spécifiques de type achat groupé. En agrégeant votre consommation avec des boulangeries au profil énergétique similaire, vous bénéficierez d’un levier de négociation par la force du nombre.
Quels leviers pour encore réduire sa facture d’énergie en boulangerie ?
Écogestes adaptés et organisations gagnantes
De nombreux écogestes peuvent être adoptés au sein de votre boulangerie pour limiter les déperditions énergétiques. De la maîtrise du temps de préchauffage à la gestion de votre éclairage en fonction des heures de travail, sans négliger une climatisation du bâtiment correctement configurée avec un chauffage qui respecte la consigne des 19 °C maximum, de nombreuses actions sont disponibles pour les boulangers.
Celles-ci ont d’ailleurs été regroupées et répertoriées dans un guide pratique, mis à disposition par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française.
Modernisation des équipements : four, froid, éclairage…
L’électrification des usages doit également être un levier, en décarbonant son activité, pour réduire sa facture. Attention cependant aux écueils qui existent toujours avec cette solution, comme une puissance appelée plus importante mais aussi une dépendance plus grande au seul marché de l’électricité, même si la France est dans une position relativement favorable avec une surproduction structurelle depuis 2024.
L’énergie la moins chère demeure celle qui n’est pas consommée ou dont on parvient à maximiser l’efficacité. Par conséquent, la modernisation des équipements indispensables dans votre boulangerie (four, groupe froid…) peut être un investissement au fort ROI.
Valorisez la chaleur produite
Enfin, vous le savez : vos fours chauffent. Beaucoup. Vos machines pour maintenir le froid chauffent également. Bien souvent, il s’agit d’une chaleur dite fatale, c’est-à-dire qui n’est pas réutilisée.
De plus en plus de systèmes valorisent des chaleurs « moyennes » (inférieures à 100 °C) pour de nouvelles utilisations, que ce soit pour du séchage, du chauffage ou de la production d’eau chaude sanitaire. Valoriser la chaleur fatale, c’est un écogeste concret et efficace.
Conclusion : si le contrat idéal n’existe pas, l’expertise vous protège
Pour ne pas subir la variation des prix de l’énergie dans les prochaines années, votre boulangerie ne peut plus se contenter d’être passive dans le choix de son option tarifaire. Vous devez agir sur votre fourniture électrique !
L’habitude d’un achat à prix fixe, avec un engagement de plusieurs années et une tacite reconduction, semble à première vue une solution confortable. Le tarif de l’électricité est rapidement négocié. Vous savez à l’avance ce que vous allez payer en fonction de votre consommation. Vous ne perdez pas de temps à réfléchir à ce sujet.
Néanmoins, c’est un comportement qui n’est pas exempt de risques, même en passant par un professionnel comme le courtier en énergie. Le principal risque est le pendant de son plus grand avantage : oublier que l’énergie est un coût de fourniture, qui mérite une véritable stratégie d’approvisionnement et des choix mûrement réfléchis.
Bien sûr, c’est une contrainte de temps pour vous. Comparer les offres, comprendre les options, comparer avec votre profil de consommation, évaluer les risques lors d’un investissement dans la modernisation de votre matériel… La charge mentale peut être effrayante. Pour y faire face, de nombreux experts proposent leur service et vous donnent les moyens de faire les bons choix, de manière fiable et avec une stratégie personnalisée.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.



