Depuis le weekend dernier, la France voit s’installer une vague de chaleur sans précédent pour un mois de juin. Les températures battent des records, notamment dans l’Ouest et dans le Centre du pays. Cet épisode de canicule va-t-elle faire exploser les prix de l’électricité ?

L’hiver, le chauffage domestique entraîne régulièrement des pics de consommation qui peuvent induire un risque sur l’approvisionnement. Ce sont des périodes de pointe qui sont à l’origine du dispositif des jours PP1-PP2, un signal déclenché par RTE. Mais avec le besoin de climatiser les espaces de travail et les logements lors de canicules qui devraient être plus longues, intenses et fréquentes, ce risque va-t-il s’étendre ? Y a-t-il une nouvelle thermosensibilité pour la France qui affectera l’été ?

Des pics de consommation en soirée mais pas de risque d’approvisionnement

Selon les premières constatations, la climatisation des logements serait à l’origine d’environ 9 GW de demande supplémentaire aux alentours de 19 heures – en comparant deux semaines identiques par exemple, comme le propose l’expert Nicolas Goldberg pour le site Bon Pote. RTE évaluait pour lundi la demande supplémentaire à 12 GW par rapport au niveau habituel de saison.

Mais la canicule a aussi des effets sur la production d’électricité. En plus de l’hydraulique, qui subit les épisodes de sècheresse, le parc nucléaire d’EDF est affecté à son tour. L’énergéticien envisage depuis plusieurs jours de réduire la production de certains réacteurs, habituellement refroidis par l’eau des fleuves et des rivières, comme à Saint-Alban en Isère. Le réacteur de Golfech, dans le Sud-Ouest, a été stoppé ce mardi pour « raisons environnementales ».

Pour autant, et malgré une coupure électrique – dont les raisons sont inconnues pour l’heure – hier soir lors du concert d’Iron Maiden en région parisienne, RTE affirme ne pas avoir d’inquiétude concernant l’approvisionnement électrique pour la France. La production demeure abondante et contribue à alimenter les pays voisins. Les marges seront suffisantes pour passer les pics de consommation estivaux, selon le gestionnaire du réseau de transport.

Un spot croissant et toujours plus incertain

Pour couvrir cette demande, le système électrique français néanmoins doit s’appuyer à la marge sur une relance de ses centrales à gaz. Celles-ci ont fourni jusqu’à 4 GW, soit 7 % du mix total, en particulier pour compenser la chute de la production photovoltaïque en fin de journée.

Par conséquent, avec le principe du merit order, le prix spot des derniers jours reflète ce besoin accru en centrales à gaz. Ce mardi, il s’élèvera à plus de 200 €/MWh entre 19 h et 23 heures, avec un pic à 278,1 €/MWh. Son prix moyen dépasse ainsi les 100 €/MWh depuis le début de la semaine et pourrait rester à ce niveau jusqu’à vendredi.

Pour limiter les effets de cette hausse de la demande, le renforcement de la flexibilité des usages via l’effacement – en profitant de l’inertie dans la production de chaleur ou de froid, par exemple – ainsi que le rôle des batteries pourrait aider à lisser les courbes des marchés électriques à court terme. Il s’agit par exemple de faire fonctionner les outils de climatisation en journée, lorsque la cloche solaire est au plus haut, pour maximiser l’autoconsommation et les heures où les prix sont favorables.

En 2025, le pic de consommation en été avait été atteint le 1er juillet et s’élevait à 60 GW, un total nettement inférieur aux pics hivernaux (aux alentours de 90 GW).

Article rédigé par Côme Tessier

Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.

Depuis le weekend dernier, la France voit s’installer une vague de chaleur sans précédent pour un mois de juin. Les températures battent des records, notamment dans l’Ouest et dans le Centre du pays. Cet épisode de canicule va-t-elle faire exploser les prix de l’électricité ?

L’hiver, le chauffage domestique entraîne régulièrement des pics de consommation qui peuvent induire un risque sur l’approvisionnement. Ce sont des périodes de pointe qui sont à l’origine du dispositif des jours PP1-PP2, un signal déclenché par RTE. Mais avec le besoin de climatiser les espaces de travail et les logements lors de canicules qui devraient être plus longues, intenses et fréquentes, ce risque va-t-il s’étendre ? Y a-t-il une nouvelle thermosensibilité pour la France qui affectera l’été ?

Des pics de consommation en soirée mais pas de risque d’approvisionnement

Selon les premières constatations, la climatisation des logements serait à l’origine d’environ 9 GW de demande supplémentaire aux alentours de 19 heures – en comparant deux semaines identiques par exemple, comme le propose l’expert Nicolas Goldberg pour le site Bon Pote. RTE évaluait pour lundi la demande supplémentaire à 12 GW par rapport au niveau habituel de saison.

Mais la canicule a aussi des effets sur la production d’électricité. En plus de l’hydraulique, qui subit les épisodes de sècheresse, le parc nucléaire d’EDF est affecté à son tour. L’énergéticien envisage depuis plusieurs jours de réduire la production de certains réacteurs, habituellement refroidis par l’eau des fleuves et des rivières, comme à Saint-Alban en Isère. Le réacteur de Golfech, dans le Sud-Ouest, a été stoppé ce mardi pour « raisons environnementales ».

Pour autant, et malgré une coupure électrique – dont les raisons sont inconnues pour l’heure – hier soir lors du concert d’Iron Maiden en région parisienne, RTE affirme ne pas avoir d’inquiétude concernant l’approvisionnement électrique pour la France. La production demeure abondante et contribue à alimenter les pays voisins. Les marges seront suffisantes pour passer les pics de consommation estivaux, selon le gestionnaire du réseau de transport.

Un spot croissant et toujours plus incertain

Pour couvrir cette demande, le système électrique français néanmoins doit s’appuyer à la marge sur une relance de ses centrales à gaz. Celles-ci ont fourni jusqu’à 4 GW, soit 7 % du mix total, en particulier pour compenser la chute de la production photovoltaïque en fin de journée.

Par conséquent, avec le principe du merit order, le prix spot des derniers jours reflète ce besoin accru en centrales à gaz. Ce mardi, il s’élèvera à plus de 200 €/MWh entre 19 h et 23 heures, avec un pic à 278,1 €/MWh. Son prix moyen dépasse ainsi les 100 €/MWh depuis le début de la semaine et pourrait rester à ce niveau jusqu’à vendredi.

Pour limiter les effets de cette hausse de la demande, le renforcement de la flexibilité des usages via l’effacement – en profitant de l’inertie dans la production de chaleur ou de froid, par exemple – ainsi que le rôle des batteries pourrait aider à lisser les courbes des marchés électriques à court terme. Il s’agit par exemple de faire fonctionner les outils de climatisation en journée, lorsque la cloche solaire est au plus haut, pour maximiser l’autoconsommation et les heures où les prix sont favorables.

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