Dès que la transition énergétique est dans la discussion, l’Ademe ne semble jamais bien loin. L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (dont elle est l’acronyme) représente l’État et son action pour favoriser la sobriété énergétique, les énergies renouvelables et des comportements plus responsables… au point d’être souvent dénigrée par ses détracteurs.
C’est pourtant faire fi de ses nombreuses missions concrètes, au plus proche du terrain, pour orienter et aider les entreprises à adopter des mesures qui vont réduire leur dépendance énergétique : fonds Chaleur pour les industries, aides à la rénovation thermique, conseils pour une stratégie d’entreprise bas carbone, formations et webinaires thématiques…
En fait, l’Ademe est présente pour toutes les questions liées à la transition énergétique. L’agence a un rôle central. Pour votre entreprise, connaître et comprendre ses missions représente donc un bon moyen d’identifier des leviers d’action pour décarboner votre activité tout en gagnant en compétitivité.
En résumé :
- L’Ademe agit auprès des particuliers, des collectivités et des entreprises de toute taille.
- L’agence permet de concrétiser l’action de l’État sur des objectifs précis et les grands enjeux du moment : électrification, décarbonation, économies d’énergie, flexibilité des usages…
- Sa mission repose sur 4 axes principaux, allant de l’information au financement de projets de décarbonation.
- Des aides existent selon les secteurs d’activité ou la taille des entreprises et elles peuvent être de plusieurs niveaux : informationnelles, financières, de conseil…
- L’Ademe participe aussi à l’élaboration de certaines réglementations qui peuvent s’appliquer aux entreprises, comme la RE-2020.
- L’Ademe travaille en synergie avec le secteur privé et en lien avec la BPI, pour donner accès aux stratégies de transition ;
- Son rôle évolue avec les choix stratégiques de l’État, qui mise en 2026 sur l’électrification, l’investissement industriel via France 2030 et l’accompagnement des plus petites entreprises vers une transition rapide.
Qu’est-ce que l’Ademe et pourquoi son rôle est-il déterminant aujourd’hui ?
Une agence publique aux multiples casquettes
L’Ademe est un organisme qui tire son origine du premier choc pétrolier, en 1973. Même si elle a officiellement été créée en 1991, il s’agissait en réalité du regroupement de trois agences précédentes : celle des économies d’énergie, du recyclage des déchets et de la qualité de l’air.
Ainsi, l’Ademe est intimement liée à l’objectif de réduire la dépendance du pays et de ses entreprises aux énergies fossiles. Aujourd’hui, cela revient principalement à permettre des avancées concrètes vers la neutralité carbone, d’où la confusion régulière de l’Ademe avec un lobby écologiste.
En tant qu’acteur de l’État sur le terrain, l’objectif de l’Ademe est pourtant bien de fournir les clés et des aides concrètes pour mener des politiques publiques de décarbonation. Elle participe ainsi au développement des entreprises et à leur progression vers une plus grande autonomie énergétique.
Les quatre missions structurantes de l’Ademe
Le champ d’action de l’Ademe est vaste. Il regroupe des moyens très divers, ce qui rend difficile une vision réelle et concrète des missions de l’agence. Néanmoins, elles sont souvent réparties autour de quatre axes principaux :
- Informer le public et les entreprises. L’Ademe vulgarise de nombreux concepts liés à la transition écologique et donne accès à des outils qui permettent de comprendre les orientations politiques avec un point de vue impartial. Cela passe par une librairie de plus de 5000 documents mais aussi des sites thématiques comme Agir pour la transition, sur lequel il est possible d’évaluer son bilan carbone ou d’avoir des guides pratiques pour faire des économies d’énergie.
- Imaginer le futur. Cette mission est peut-être la moins tangible. Elle reste structurante pour l’Ademe, car c’est en dressant des scénarios de transition qu’elle permet d’offrir des pistes de réflexion et d’engagement à la fois pour les entreprises et pour l’État. L’Ademe est également un acteur essentiel pour la recherche et le développement dans la décarbonation. Cela rend également une vision d’un futur sans énergies fossiles à la fois plus désirable et plus accessible, plus réaliste.
- Conseiller les entreprises et les collectivités. En développant son expertise sur la transition énergétique, l’Ademe peut aiguiller les TPE, les PME, les ETI et les plus grandes entreprises sur les innovations accessibles à leur secteur, sur les moyens de se tourner vers une énergie verte, sur les investissements les plus efficaces, etc.
- Accompagner financièrement des projets de transition énergétique, que ce soit en réutilisant davantage la chaleur fatale (via le fonds Chaleur) ou par le développement des énergies renouvelables. L’Ademe participe aussi aux efforts des entreprises en finançant par exemple des études préalables, une assistance à maîtrise d’ouvrage ou encore des formations, tant pour des aspects réglementaires (décret tertiaire) que pour des engagements RSE.
Un acteur incontournable de la réglementation énergétique au niveau national et local
Enfin, compte tenu de son rôle pivot dans la transition écologique, l’Ademe est également à la manœuvre pour l’élaboration de certaines politiques publiques environnementales. Par exemple, elle a participé à la réglementation environnementale 2020 (RE-2020) dans le secteur du bâtiment ou encore à la définition des nouvelles périodes de CEE.
Pour permettre la diffusion et l’application de ces mesures, parfois contraignantes (comme la RE-2020), parfois stimulantes (comme les aides à l’investissement via les CEE), l’Ademe s’appuie sur un réseau d’agences à travers la France. L’Ademe est ainsi un organisme national présent sur l’ensemble des territoires.
C’est l’une de ses forces pour votre entreprise : vous pouvez avoir un contact avec une agence locale, régionale, qui vous proposera des aides et l’accès à des fonds spécifiques à votre territoire, en plus d’une offre de formation et d’information sur la transition.
Comment l’Ademe accompagne-t-elle concrètement les entreprises dans leur transition ?
Des dispositifs d’aide financière variés et parfois méconnus
Les dispositifs d’aide de l’Ademe sont multiples. Cela comprend aussi bien des aides régionales que des aides ciblées sur un secteur, comme l’industrie du bois ou l’agriculture. L’Ademe comprend également les soutiens liés au projet France 2030 ou le fonds Chaleur. Ces aides seront soit forfaitaires, soit calculées selon un barème en fonction de l’investissement nécessaire.
Enfin, l’Ademe peut proposer des aides spécifiques et liées indirectement à une règlementation comme le décret tertiaire, qui impose aux bâtiments tertiaires une réduction progressive de leur consommation énergétique. Ainsi, l’aide PACTE entreprises s’adresse aux TPE-PME qui souhaitent entrer dans une démarche d’économies d’énergie, même si elles ne sont pas assujetties au décret. Cette aide porte sur le financement des études d’ingénierie nécessaires aux travaux de rénovation, qui doivent avoir pour objectif minimum celui du décret tertiaire.
Au total, jusqu’à 73 dispositifs d’aide financière sont destinés aux entreprises à ce jour. Parmi ces aides, 44 concernent plus particulièrement le secteur de l’énergie ! En audition au Sénat, le président de l’Ademe Sylvain Waserman confirmait que le budget incitatif de l’Ademe était d’environ 1,1 milliard pour 2025 (dont 800 millions pour le fonds Chaleur), auquel peut être ajouté 1,6 milliard lié aux programmes de décarbonation et d’hydrogène pour l’industrie en 2026 (900 millions en 2025).
L’accompagnement stratégique, pour aller au-delà du financement
Comment s’y retrouver parmi ces nombreuses aides disponibles et en faire un moteur de vos investissements sans être piégé par l’arrêt d’un dispositif ? Tout d’abord en faisant appel… à l’Ademe ! Puisque l’agence possède aussi un rôle de conseil et d’aiguillage, elle a mis en place des outils de diffusion de ses aides financières, dont un catalogue complet.
L’Ademe joue sur le terrain un rôle de stratège de la transition. Pour que les entreprises puissent construire leur propre stratégie bas carbone, en fonction de leurs contraintes et de leurs aspirations, l’Ademe propose aussi de les accompagner avec une méthodologie ACT qui permet de se situer par rapport aux objectifs internationaux, à partir d’un premier « bilan GES » (gaz à effet de serre).
Plus généralement, pour un projet écologique, d’économie circulaire ou de réduction de consommation d’énergie, l’Ademe est un interlocuteur indispensable bien au-delà du financement. Elle est à même de conseiller des partenaires de confiance, de proposer des solutions de récupération de chaleur ou d’investissements industriels efficaces, de fournir une documentation détaillée sur des sujets techniques comme l’installation d’une pompe à chaleur pour une laiterie industrielle, etc.
Des synergies entre l’Ademe et acteurs privés du conseil énergétique
De plus, l’Ademe n’agit pas seule. Elle est en lien avec les institutions locales et régionales ou d’autres structures de financement, comme la BPI. Elle peut ainsi orienter les plus petites entreprises vers des prêts « verts » et des financements à moindre coût.
L’Ademe est également partenaire de la communauté du Coq Vert, un réseau d’entrepreneurs engagés dans la transition écologique, avec le soutien de Bpifrance. Au sein de la communauté, les entreprises peuvent transmettre et échanger sur les solutions énergétiques existantes, rencontrer des porteurs de projet, etc.
Les cabinets de conseil en énergie peuvent aussi s’appuyer sur les fonds de l’Ademe pour aider les entreprises dans leur transition énergétique, par exemple pour financer un premier audit complet de son installation. Ainsi, les primes et les aides de l’Ademe permettent l’intervention d’entreprises spécialisées pour mieux et moins consommer.
Quel avenir pour l’Ademe face aux enjeux énergétiques de 2025-2030 ?
De nouveaux chantiers prioritaires : l’électrification comme point de bascule
Aujourd’hui, avec la crise pétrolière et gazière liée au détroit d’Ormuz, le gouvernement souhaite accentuer son plan d’électrification et garantir davantage d’indépendance énergétique à la France. L’Ademe est donc appelé à jouer un rôle central dans ce dispositif. En effet, l’Ademe est notamment un moyen de soutenir l’investissement des entreprises ou de permettre d’orienter la stratégie vers l’électrification.
Plus généralement, l’Ademe joue un rôle clé dans le secteur énergétique. Elle a permis la définition du label VertVolt, en soutien aux énergies renouvelables locales. Elle pourrait désormais appuyer la mise en place de contrats longs avec des producteurs renouvelables, de type PPA, afin de les rendre accessibles à des entreprises de taille moyenne. Cela permettrait à ces PME d’obtenir une meilleure visibilité sur leur budget énergétique.
Des aides spécifiques aux petites entreprises… actuellement en suspens ?
Depuis le début des années 2020, l’Ademe a construit une approche spécifique pour les plus petites entreprises, qui n’ont habituellement pas accès aux financements pour investir d’elles-mêmes dans la transition énergétique. Ainsi, l’agence propose un guichet d’information-conseil à la rénovation énergétique pour les TPE tertiaires.
Jusqu’en 2025, elle proposait également un « tremplin pour la transition écologique des PME » pour un montant pouvant atteindre jusqu’à 200 000 € HT. Cette aide a permis notamment l’achats de véhicules professionnels électriques, de financer des études sur les gaz à effets de serre ou encore d’effectuer des travaux de rénovation énergétique.
L’évolution des dispositifs d’aide : ce qui change
L’État cherche aujourd’hui à financer davantage la transition écologique par des dispositifs dits extrabudgétaires, c’est-à-dire des aides financières qui ne dépendent pas de la puissance publique. Il s’agit par exemple des Certificats d’économies d’énergie (CEE), qui doivent être payés par les fournisseurs d’énergie pour aider les consommateurs à mieux et moins consommer.
Par conséquent, l’impact direct de l’Ademe risque de diminuer progressivement compte tenu des derniers arbitrages budgétaires. Le secteur privé possède aujourd’hui un rôle croissant sur l’aide aux entreprises pour des études et conseils. Des entreprises spécialisées diffusent les meilleures pratiques ou proposent un accompagnement complet pour établir une stratégie énergétique. Sur des thématiques précises comme l’achat d’électricité, les pratiques de flexibilité et leur valorisation ou encore l’autoconsommation et le stockage d’énergie, les cabinets de conseil sont complémentaires de l’Ademe.
Conclusion : se préparer dès maintenant à la transition énergétique… avec et sans l’Ademe
L’Ademe est un maillon territorial indispensable pour les entreprises de toute taille. Néanmoins, elle doit désormais faire face à de nombreuses critiques ainsi qu’aux contraintes budgétaires de l’État. Deux perspectives semblent tenir la corde pour l’avenir de l’agence, qui est débattu régulièrement au Parlement : une suppression via le transfert de ses fonds – par exemple au sein des Dréal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) – ou une réorganisation de ses services territoriaux au sein d’une plus grande entité de type « France Environnement ».
Surtout, d’autres acteurs permettent d’améliorer votre gestion budgétaire de l’énergie ou d’intégrer une vision plus responsable, en vous appuyant notamment sur l’électrification des usages, la flexibilité ou le soutien aux énergies renouvelables. Les fournisseurs d’énergie sont déjà contraints d’y contribuer via le dispositif des CEE. D’autres entreprises comme les cabinets de conseil en énergie permettent d’avoir une vision globale de son budget énergétique et d’agir différemment, notamment en incluant la stratégie d’achat à ses écogestes.
La transition passe désormais par une responsabilisation énergétique progressive des entreprises au service de leur compétitivité, ce qui nécessite un véritable accompagnement de terrain, fourni de plus en plus par le secteur privé.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
Dès que la transition énergétique est dans la discussion, l’Ademe ne semble jamais bien loin. L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (dont elle est l’acronyme) représente l’État et son action pour favoriser la sobriété énergétique, les énergies renouvelables et des comportements plus responsables… au point d’être souvent dénigrée par ses détracteurs.
C’est pourtant faire fi de ses nombreuses missions concrètes, au plus proche du terrain, pour orienter et aider les entreprises à adopter des mesures qui vont réduire leur dépendance énergétique : fonds Chaleur pour les industries, aides à la rénovation thermique, conseils pour une stratégie d’entreprise bas carbone, formations et webinaires thématiques…
En fait, l’Ademe est présente pour toutes les questions liées à la transition énergétique. L’agence a un rôle central. Pour votre entreprise, connaître et comprendre ses missions représente donc un bon moyen d’identifier des leviers d’action pour décarboner votre activité tout en gagnant en compétitivité.
En résumé :
- L’Ademe agit auprès des particuliers, des collectivités et des entreprises de toute taille.
- L’agence permet de concrétiser l’action de l’État sur des objectifs précis et les grands enjeux du moment : électrification, décarbonation, économies d’énergie, flexibilité des usages…
- Sa mission repose sur 4 axes principaux, allant de l’information au financement de projets de décarbonation.
- Des aides existent selon les secteurs d’activité ou la taille des entreprises et elles peuvent être de plusieurs niveaux : informationnelles, financières, de conseil…
- L’Ademe participe aussi à l’élaboration de certaines réglementations qui peuvent s’appliquer aux entreprises, comme la RE-2020.
- L’Ademe travaille en synergie avec le secteur privé et en lien avec la BPI, pour donner accès aux stratégies de transition ;
- Son rôle évolue avec les choix stratégiques de l’État, qui mise en 2026 sur l’électrification, l’investissement industriel via France 2030 et l’accompagnement des plus petites entreprises vers une transition rapide.
Qu’est-ce que l’Ademe et pourquoi son rôle est-il déterminant aujourd’hui ?
Une agence publique aux multiples casquettes
L’Ademe est un organisme qui tire son origine du premier choc pétrolier, en 1973. Même si elle a officiellement été créée en 1991, il s’agissait en réalité du regroupement de trois agences précédentes : celle des économies d’énergie, du recyclage des déchets et de la qualité de l’air.
Ainsi, l’Ademe est intimement liée à l’objectif de réduire la dépendance du pays et de ses entreprises aux énergies fossiles. Aujourd’hui, cela revient principalement à permettre des avancées concrètes vers la neutralité carbone, d’où la confusion régulière de l’Ademe avec un lobby écologiste.
En tant qu’acteur de l’État sur le terrain, l’objectif de l’Ademe est pourtant bien de fournir les clés et des aides concrètes pour mener des politiques publiques de décarbonation. Elle participe ainsi au développement des entreprises et à leur progression vers une plus grande autonomie énergétique.
Les quatre missions structurantes de l’Ademe
Le champ d’action de l’Ademe est vaste. Il regroupe des moyens très divers, ce qui rend difficile une vision réelle et concrète des missions de l’agence. Néanmoins, elles sont souvent réparties autour de quatre axes principaux :
- Informer le public et les entreprises. L’Ademe vulgarise de nombreux concepts liés à la transition écologique et donne accès à des outils qui permettent de comprendre les orientations politiques avec un point de vue impartial. Cela passe par une librairie de plus de 5000 documents mais aussi des sites thématiques comme Agir pour la transition, sur lequel il est possible d’évaluer son bilan carbone ou d’avoir des guides pratiques pour faire des économies d’énergie.
- Imaginer le futur. Cette mission est peut-être la moins tangible. Elle reste structurante pour l’Ademe, car c’est en dressant des scénarios de transition qu’elle permet d’offrir des pistes de réflexion et d’engagement à la fois pour les entreprises et pour l’État. L’Ademe est également un acteur essentiel pour la recherche et le développement dans la décarbonation. Cela rend également une vision d’un futur sans énergies fossiles à la fois plus désirable et plus accessible, plus réaliste.
- Conseiller les entreprises et les collectivités. En développant son expertise sur la transition énergétique, l’Ademe peut aiguiller les TPE, les PME, les ETI et les plus grandes entreprises sur les innovations accessibles à leur secteur, sur les moyens de se tourner vers une énergie verte, sur les investissements les plus efficaces, etc.
- Accompagner financièrement des projets de transition énergétique, que ce soit en réutilisant davantage la chaleur fatale (via le fonds Chaleur) ou par le développement des énergies renouvelables. L’Ademe participe aussi aux efforts des entreprises en finançant par exemple des études préalables, une assistance à maîtrise d’ouvrage ou encore des formations, tant pour des aspects réglementaires (décret tertiaire) que pour des engagements RSE.
Un acteur incontournable de la réglementation énergétique au niveau national et local
Enfin, compte tenu de son rôle pivot dans la transition écologique, l’Ademe est également à la manœuvre pour l’élaboration de certaines politiques publiques environnementales. Par exemple, elle a participé à la réglementation environnementale 2020 (RE-2020) dans le secteur du bâtiment ou encore à la définition des nouvelles périodes de CEE.
Pour permettre la diffusion et l’application de ces mesures, parfois contraignantes (comme la RE-2020), parfois stimulantes (comme les aides à l’investissement via les CEE), l’Ademe s’appuie sur un réseau d’agences à travers la France. L’Ademe est ainsi un organisme national présent sur l’ensemble des territoires.
C’est l’une de ses forces pour votre entreprise : vous pouvez avoir un contact avec une agence locale, régionale, qui vous proposera des aides et l’accès à des fonds spécifiques à votre territoire, en plus d’une offre de formation et d’information sur la transition.
Comment l’Ademe accompagne-t-elle concrètement les entreprises dans leur transition ?
Des dispositifs d’aide financière variés et parfois méconnus
Les dispositifs d’aide de l’Ademe sont multiples. Cela comprend aussi bien des aides régionales que des aides ciblées sur un secteur, comme l’industrie du bois ou l’agriculture. L’Ademe comprend également les soutiens liés au projet France 2030 ou le fonds Chaleur. Ces aides seront soit forfaitaires, soit calculées selon un barème en fonction de l’investissement nécessaire.
Enfin, l’Ademe peut proposer des aides spécifiques et liées indirectement à une règlementation comme le décret tertiaire, qui impose aux bâtiments tertiaires une réduction progressive de leur consommation énergétique. Ainsi, l’aide PACTE entreprises s’adresse aux TPE-PME qui souhaitent entrer dans une démarche d’économies d’énergie, même si elles ne sont pas assujetties au décret. Cette aide porte sur le financement des études d’ingénierie nécessaires aux travaux de rénovation, qui doivent avoir pour objectif minimum celui du décret tertiaire.
Au total, jusqu’à 73 dispositifs d’aide financière sont destinés aux entreprises à ce jour. Parmi ces aides, 44 concernent plus particulièrement le secteur de l’énergie ! En audition au Sénat, le président de l’Ademe Sylvain Waserman confirmait que le budget incitatif de l’Ademe était d’environ 1,1 milliard pour 2025 (dont 800 millions pour le fonds Chaleur), auquel peut être ajouté 1,6 milliard lié aux programmes de décarbonation et d’hydrogène pour l’industrie en 2026 (900 millions en 2025).
L’accompagnement stratégique, pour aller au-delà du financement
Comment s’y retrouver parmi ces nombreuses aides disponibles et en faire un moteur de vos investissements sans être piégé par l’arrêt d’un dispositif ? Tout d’abord en faisant appel… à l’Ademe ! Puisque l’agence possède aussi un rôle de conseil et d’aiguillage, elle a mis en place des outils de diffusion de ses aides financières, dont un catalogue complet.
L’Ademe joue sur le terrain un rôle de stratège de la transition. Pour que les entreprises puissent construire leur propre stratégie bas carbone, en fonction de leurs contraintes et de leurs aspirations, l’Ademe propose aussi de les accompagner avec une méthodologie ACT qui permet de se situer par rapport aux objectifs internationaux, à partir d’un premier « bilan GES » (gaz à effet de serre).
Plus généralement, pour un projet écologique, d’économie circulaire ou de réduction de consommation d’énergie, l’Ademe est un interlocuteur indispensable bien au-delà du financement. Elle est à même de conseiller des partenaires de confiance, de proposer des solutions de récupération de chaleur ou d’investissements industriels efficaces, de fournir une documentation détaillée sur des sujets techniques comme l’installation d’une pompe à chaleur pour une laiterie industrielle, etc.
Des synergies entre l’Ademe et acteurs privés du conseil énergétique
De plus, l’Ademe n’agit pas seule. Elle est en lien avec les institutions locales et régionales ou d’autres structures de financement, comme la BPI. Elle peut ainsi orienter les plus petites entreprises vers des prêts « verts » et des financements à moindre coût.
L’Ademe est également partenaire de la communauté du Coq Vert, un réseau d’entrepreneurs engagés dans la transition écologique, avec le soutien de Bpifrance. Au sein de la communauté, les entreprises peuvent transmettre et échanger sur les solutions énergétiques existantes, rencontrer des porteurs de projet, etc.
Les cabinets de conseil en énergie peuvent aussi s’appuyer sur les fonds de l’Ademe pour aider les entreprises dans leur transition énergétique, par exemple pour financer un premier audit complet de son installation. Ainsi, les primes et les aides de l’Ademe permettent l’intervention d’entreprises spécialisées pour mieux et moins consommer.
Quel avenir pour l’Ademe face aux enjeux énergétiques de 2025-2030 ?
De nouveaux chantiers prioritaires : l’électrification comme point de bascule
Aujourd’hui, avec la crise pétrolière et gazière liée au détroit d’Ormuz, le gouvernement souhaite accentuer son plan d’électrification et garantir davantage d’indépendance énergétique à la France. L’Ademe est donc appelé à jouer un rôle central dans ce dispositif. En effet, l’Ademe est notamment un moyen de soutenir l’investissement des entreprises ou de permettre d’orienter la stratégie vers l’électrification.
Plus généralement, l’Ademe joue un rôle clé dans le secteur énergétique. Elle a permis la définition du label VertVolt, en soutien aux énergies renouvelables locales. Elle pourrait désormais appuyer la mise en place de contrats longs avec des producteurs renouvelables, de type PPA, afin de les rendre accessibles à des entreprises de taille moyenne. Cela permettrait à ces PME d’obtenir une meilleure visibilité sur leur budget énergétique.
Des aides spécifiques aux petites entreprises… actuellement en suspens ?
Depuis le début des années 2020, l’Ademe a construit une approche spécifique pour les plus petites entreprises, qui n’ont habituellement pas accès aux financements pour investir d’elles-mêmes dans la transition énergétique. Ainsi, l’agence propose un guichet d’information-conseil à la rénovation énergétique pour les TPE tertiaires.
Jusqu’en 2025, elle proposait également un « tremplin pour la transition écologique des PME » pour un montant pouvant atteindre jusqu’à 200 000 € HT. Cette aide a permis notamment l’achats de véhicules professionnels électriques, de financer des études sur les gaz à effets de serre ou encore d’effectuer des travaux de rénovation énergétique.
L’évolution des dispositifs d’aide : ce qui change
L’État cherche aujourd’hui à financer davantage la transition écologique par des dispositifs dits extrabudgétaires, c’est-à-dire des aides financières qui ne dépendent pas de la puissance publique. Il s’agit par exemple des Certificats d’économies d’énergie (CEE), qui doivent être payés par les fournisseurs d’énergie pour aider les consommateurs à mieux et moins consommer.
Par conséquent, l’impact direct de l’Ademe risque de diminuer progressivement compte tenu des derniers arbitrages budgétaires. Le secteur privé possède aujourd’hui un rôle croissant sur l’aide aux entreprises pour des études et conseils. Des entreprises spécialisées diffusent les meilleures pratiques ou proposent un accompagnement complet pour établir une stratégie énergétique. Sur des thématiques précises comme l’achat d’électricité, les pratiques de flexibilité et leur valorisation ou encore l’autoconsommation et le stockage d’énergie, les cabinets de conseil sont complémentaires de l’Ademe.
Conclusion : se préparer dès maintenant à la transition énergétique… avec et sans l’Ademe
L’Ademe est un maillon territorial indispensable pour les entreprises de toute taille. Néanmoins, elle doit désormais faire face à de nombreuses critiques ainsi qu’aux contraintes budgétaires de l’État. Deux perspectives semblent tenir la corde pour l’avenir de l’agence, qui est débattu régulièrement au Parlement : une suppression via le transfert de ses fonds – par exemple au sein des Dréal (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) – ou une réorganisation de ses services territoriaux au sein d’une plus grande entité de type « France Environnement ».
Surtout, d’autres acteurs permettent d’améliorer votre gestion budgétaire de l’énergie ou d’intégrer une vision plus responsable, en vous appuyant notamment sur l’électrification des usages, la flexibilité ou le soutien aux énergies renouvelables. Les fournisseurs d’énergie sont déjà contraints d’y contribuer via le dispositif des CEE. D’autres entreprises comme les cabinets de conseil en énergie permettent d’avoir une vision globale de son budget énergétique et d’agir différemment, notamment en incluant la stratégie d’achat à ses écogestes.
La transition passe désormais par une responsabilisation énergétique progressive des entreprises au service de leur compétitivité, ce qui nécessite un véritable accompagnement de terrain, fourni de plus en plus par le secteur privé.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.



