Un accord entre la France et l’Union européenne devrait relancer les investissements dans les barrages hydroélectriques
En 2024, l’hydroélectricité était toujours la première énergie renouvelable en France au niveau de l’électricité produite. Elle représente environ 14 % du mix électrique, soit 74,7 TWh – nettement plus que l’éolien et le solaire, respectivement à 46,6 TWh et 23,3 TWh. Pour autant, malgré l’importance de la production hydraulique et son rôle dans la stabilisation du réseau grâce aux systèmes de pompage, d’éventuels travaux de modernisation pour la renforcer sont bloqués depuis plus de dix ans, la faute à un contentieux avec l’Europe sur le système des concessions.
En effet, les barrages hydroélectriques dans l’Hexagone appartiennent à l’État. Leur gestion est ensuite confiée à un acteur énergétique sur le principe de la concession pour l’ensemble des barrages d’une capacité supérieure à 4,5 MW (soit 90 % de la production hydroélectrique française). EDF, acteur historique de l’électricité en France, possède la gestion d’environ 80 % des barrages hydrauliques (20,8 GW sur les 25,6 GW installés) et se retrouve donc en position dominante.
Un contentieux qui bloque les investissements dans l’hydroélectricité
Par conséquent, à la suite de l’ouverture progressive à la concurrence du secteur énergétique au début des années 2000, la France devait proposer la gestion des barrages à de nouveaux acteurs lorsque les concessions des barrages hydrauliques étaient échues. Une directive européenne l’impose même depuis 2014. Néanmoins, la France s’y oppose depuis plusieurs années et refuse d’appliquer cette règle. L’exécutif estime que le rôle crucial de l’hydroélectricité dans la stabilité du réseau électrique et le besoin de préserver l’accès à l’eau justifie de maintenir cette position dominante d’EDF.
Malgré le consensus politique en France sur cette question, le désaccord a eu des effets négatifs pour les barrages hydrauliques. Il a provoqué un manque de visibilité pour les gestionnaires, bloquant toute capacité d’investissements. Dans un rapport parlementaire publié en début d’année, les députés Marie-Noëlle Battistel (PS) et Philippe Bolo (Modem) soulignaient ce déficit et proposaient une voie de sortie : le passage à un régime d’autorisation, qui ne concerne aujourd’hui que les petites installations hydrauliques. Ces autorisations sont plafonnées à 75 ans par la loi et permettent de sortir de l’obligation d’ouverture à la concurrence.
Un accord qui garantit la continuité de l’exploitation des barrages hydroélectriques
Ce jeudi 28 août, le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu’un « accord de principe » avait été trouvé avec l’UE pour que les barrages hydroélectriques puissent bénéficier de ce régime de l’autorisation. Ses modalités « doivent encore être précisées », ajoute Matignon, mais les exploitants déjà en place pourront être maintenus afin de garantir « la continuité de l’exploitation des ouvrages au regard des enjeux de sécurité ».
Cela devrait donc ouvrir la possibilité à EDF d’investir et de moderniser les barrages afin d’augmenter leur capacité de production. Devant le Parlement, Bernard Fontana estimait pouvoir augmenter la capacité de production des barrages hydraulique d’environ 4 GW, soit 20 % de la capacité actuelle.
Enfin, cet accord obligera EDF à proposer 6 GW de capacité « virtuelle » à ses concurrents, et « au bénéfice final des consommateurs », afin d’atténuer la position dominante de l’énergéticien. La vente de ces capacités aura lieu grâce à un système d’enchères sous contrôle de la CRE.
Sur LinkedIn, le ministre de l’Énergie Marc Ferracci s’est également félicité de cet accord, soulignant l’importance de l’hydroélectricité pour atteindre nos objectifs climatiques. « L’hydroélectricité, ce sont nos vallées, nos barrages, nos savoir-faire. Avec cet accord, nous avons désormais les moyens de les moderniser et de les développer au service de la transition énergétique. »

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
Un accord entre la France et l’Union européenne devrait relancer les investissements dans les barrages hydroélectriques
En 2024, l’hydroélectricité était toujours la première énergie renouvelable en France au niveau de l’électricité produite. Elle représente environ 14 % du mix électrique, soit 74,7 TWh – nettement plus que l’éolien et le solaire, respectivement à 46,6 TWh et 23,3 TWh. Pour autant, malgré l’importance de la production hydraulique et son rôle dans la stabilisation du réseau grâce aux systèmes de pompage, d’éventuels travaux de modernisation pour la renforcer sont bloqués depuis plus de dix ans, la faute à un contentieux avec l’Europe sur le système des concessions.
En effet, les barrages hydroélectriques dans l’Hexagone appartiennent à l’État. Leur gestion est ensuite confiée à un acteur énergétique sur le principe de la concession pour l’ensemble des barrages d’une capacité supérieure à 4,5 MW (soit 90 % de la production hydroélectrique française). EDF, acteur historique de l’électricité en France, possède la gestion d’environ 80 % des barrages hydrauliques (20,8 GW sur les 25,6 GW installés) et se retrouve donc en position dominante.
Un contentieux qui bloque les investissements dans l’hydroélectricité
Par conséquent, à la suite de l’ouverture progressive à la concurrence du secteur énergétique au début des années 2000, la France devait proposer la gestion des barrages à de nouveaux acteurs lorsque les concessions des barrages hydrauliques étaient échues. Une directive européenne l’impose même depuis 2014. Néanmoins, la France s’y oppose depuis plusieurs années et refuse d’appliquer cette règle. L’exécutif estime que le rôle crucial de l’hydroélectricité dans la stabilité du réseau électrique et le besoin de préserver l’accès à l’eau justifie de maintenir cette position dominante d’EDF.
Malgré le consensus politique en France sur cette question, le désaccord a eu des effets négatifs pour les barrages hydrauliques. Il a provoqué un manque de visibilité pour les gestionnaires, bloquant toute capacité d’investissements. Dans un rapport parlementaire publié en début d’année, les députés Marie-Noëlle Battistel (PS) et Philippe Bolo (Modem) soulignaient ce déficit et proposaient une voie de sortie : le passage à un régime d’autorisation, qui ne concerne aujourd’hui que les petites installations hydrauliques. Ces autorisations sont plafonnées à 75 ans par la loi et permettent de sortir de l’obligation d’ouverture à la concurrence.
Un accord qui garantit la continuité de l’exploitation des barrages hydroélectriques
Ce jeudi 28 août, le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu’un « accord de principe » avait été trouvé avec l’UE pour que les barrages hydroélectriques puissent bénéficier de ce régime de l’autorisation. Ses modalités « doivent encore être précisées », ajoute Matignon, mais les exploitants déjà en place pourront être maintenus afin de garantir « la continuité de l’exploitation des ouvrages au regard des enjeux de sécurité ».
Cela devrait donc ouvrir la possibilité à EDF d’investir et de moderniser les barrages afin d’augmenter leur capacité de production. Devant le Parlement, Bernard Fontana estimait pouvoir augmenter la capacité de production des barrages hydraulique d’environ 4 GW, soit 20 % de la capacité actuelle.
Enfin, cet accord obligera EDF à proposer 6 GW de capacité « virtuelle » à ses concurrents, et « au bénéfice final des consommateurs », afin d’atténuer la position dominante de l’énergéticien. La vente de ces capacités aura lieu grâce à un système d’enchères sous contrôle de la CRE.
Sur LinkedIn, le ministre de l’Énergie Marc Ferracci s’est également félicité de cet accord, soulignant l’importance de l’hydroélectricité pour atteindre nos objectifs climatiques. « L’hydroélectricité, ce sont nos vallées, nos barrages, nos savoir-faire. Avec cet accord, nous avons désormais les moyens de les moderniser et de les développer au service de la transition énergétique. »

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.