La crise énergétique s’intensifie et pourrait devenir « la plus grave des dernières décennies »
Depuis les premières frappes menées fin février par les États-Unis et Israël sur l’Iran, le monde de l’énergie est suspendu à l’interruption du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et aux menaces qui pèsent sur les infrastructures pétrolières et gazières de la région. Environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux transitent par ce couloir.
Selon les analystes de Kpler, entre le 1er et le 19 mars, le nombre de traversées des pétroliers ou des méthaniers a diminué d’environ 95 % par rapport aux temps de paix. Les attaques sur des infrastructures énergétiques majeures compliquent la situation. Au cours de la semaine dernière, l’offensive iranienne sur le site de Las Raffan, la plus importante usine de liquéfaction de gaz au monde, a ainsi provoqué une nouvelle flambée des prix du gaz de 35 %. Le marché de référence en Europe, le TTF néerlandais, dépassait alors les 70 €/MWh.
Les tensions montent d’un cran
Pour éviter que le conflit ne se prolonge, plusieurs pays dont la France, l’Italie ou encore le Japon ont annoncé vouloir intervenir pour sécuriser le détroit et permettre le passage des navires. Ces pays, condamnant les offensives iraniennes, souhaitaient également un « moratoire immédiat et global sur les attaques d’infrastructures civiles ». Or, depuis, le président étatsunien Donald Trump a lancé sur Truth Social un ultimatum à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant d’un anéantissement de l’ensemble des centrales électriques iraniennes si ce n’était pas le cas.
En parallèle, de nouvelles frappes ont émaillé le weekend, à la fois sur Téhéran, sur Israël et les autres pays du Golfe. Ce lundi matin et en réponse à Donald Trump, l’armée iranienne a également annoncé vouloir viser « toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau appartenant aux États-Unis » dans la région.
Vers une crise mondialisée ?
Cette résurgence de la crise énergétique menace les marchés mondiaux. Par la voix de son directeur Fatih Birol, l’Agence internationale de l’énergie a averti : « Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise. »
Pour l’AIE, qui n’exclut pas un nouveau déblocage des stocks stratégiques de pétrole, « à ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies ». Interrogé par une chaîne chinoise, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné soulignait à son tour la crainte d’un conflit qui s’enlise. « Si cela dépasse six mois, nous aurons de vrais impacts. Toutes les économies du monde en souffriront. »
L’UE appelle à plus de flexibilité pour les stocks gaziers
Face au choc gazier et pétrolier qui s’annonce, l’Union européenne se retrouve donc dans une situation stratégique difficile. « En tant qu’importateur net d’énergie sur les marchés mondiaux, les prix mondiaux élevés et volatils qui en résultent pourraient également affecter les injections de gaz dans les stocks de l’UE », juge Dan Jorgensen, commissaire européen à l’énergie.
Afin de « rassurer les acteurs du marché » et d’éviter une trop forte tension sur les prix à l’approche de la période d’injection, il invite donc les pays membres à revoir à la baisse leurs objectifs de remplissage pour fin octobre 2026. Ils passeraient à 80 % au lieu de 90 %. Le 11 mars, Ursula von der Leyen souhaitait également « réduire l’impact [du gaz] sur les prix » de l’électricité, comme en 2022.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.
La crise énergétique s’intensifie et pourrait devenir « la plus grave des dernières décennies »
Depuis les premières frappes menées fin février par les États-Unis et Israël sur l’Iran, le monde de l’énergie est suspendu à l’interruption du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et aux menaces qui pèsent sur les infrastructures pétrolières et gazières de la région. Environ 20 % du pétrole et du gaz mondiaux transitent par ce couloir.
Selon les analystes de Kpler, entre le 1er et le 19 mars, le nombre de traversées des pétroliers ou des méthaniers a diminué d’environ 95 % par rapport aux temps de paix. Les attaques sur des infrastructures énergétiques majeures compliquent la situation. Au cours de la semaine dernière, l’offensive iranienne sur le site de Las Raffan, la plus importante usine de liquéfaction de gaz au monde, a ainsi provoqué une nouvelle flambée des prix du gaz de 35 %. Le marché de référence en Europe, le TTF néerlandais, dépassait alors les 70 €/MWh.
Les tensions montent d’un cran
Pour éviter que le conflit ne se prolonge, plusieurs pays dont la France, l’Italie ou encore le Japon ont annoncé vouloir intervenir pour sécuriser le détroit et permettre le passage des navires. Ces pays, condamnant les offensives iraniennes, souhaitaient également un « moratoire immédiat et global sur les attaques d’infrastructures civiles ». Or, depuis, le président étatsunien Donald Trump a lancé sur Truth Social un ultimatum à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, menaçant d’un anéantissement de l’ensemble des centrales électriques iraniennes si ce n’était pas le cas.
En parallèle, de nouvelles frappes ont émaillé le weekend, à la fois sur Téhéran, sur Israël et les autres pays du Golfe. Ce lundi matin et en réponse à Donald Trump, l’armée iranienne a également annoncé vouloir viser « toutes les infrastructures énergétiques, de technologie de l’information et de dessalement d’eau appartenant aux États-Unis » dans la région.
Vers une crise mondialisée ?
Cette résurgence de la crise énergétique menace les marchés mondiaux. Par la voix de son directeur Fatih Birol, l’Agence internationale de l’énergie a averti : « Aucun pays ne sera immunisé contre les effets de cette crise. »
Pour l’AIE, qui n’exclut pas un nouveau déblocage des stocks stratégiques de pétrole, « à ce jour, nous avons perdu 11 millions de barils par jour, soit plus que les deux crises pétrolières majeures réunies ». Interrogé par une chaîne chinoise, le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné soulignait à son tour la crainte d’un conflit qui s’enlise. « Si cela dépasse six mois, nous aurons de vrais impacts. Toutes les économies du monde en souffriront. »
L’UE appelle à plus de flexibilité pour les stocks gaziers
Face au choc gazier et pétrolier qui s’annonce, l’Union européenne se retrouve donc dans une situation stratégique difficile. « En tant qu’importateur net d’énergie sur les marchés mondiaux, les prix mondiaux élevés et volatils qui en résultent pourraient également affecter les injections de gaz dans les stocks de l’UE », juge Dan Jorgensen, commissaire européen à l’énergie.
Afin de « rassurer les acteurs du marché » et d’éviter une trop forte tension sur les prix à l’approche de la période d’injection, il invite donc les pays membres à revoir à la baisse leurs objectifs de remplissage pour fin octobre 2026. Ils passeraient à 80 % au lieu de 90 %. Le 11 mars, Ursula von der Leyen souhaitait également « réduire l’impact [du gaz] sur les prix » de l’électricité, comme en 2022.

Article rédigé par Côme Tessier
Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.



