En déplacement dans le Jura, le Premier ministre va annoncer une PPE3 qui semble plus favorable au nucléaire qu’aux renouvelables

Attendue depuis plusieurs années maintenant, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) pour la période 2025-2035 sera enfin publiée par décret au Journal officiel demain, vendredi 13 février 2026. Soit deux ans après l’échéance initiale. Ce texte stratégique était devenu particulièrement inflammable par l’opposition annoncée entre les partisans d’une relance du nucléaire et ceux qui souhaitaient voir donner la priorité aux énergies renouvelables.

Selon les dernières informations données par l’AFP, le gouvernement aurait finalement acté en faveur d’un scénario qui vise l’équilibre… grâce à un coup de frein modéré sur l’éolien terrestre et le photovoltaïque.

Un parc nucléaire optimisé, des renouvelables ralentis

Ainsi, en filigrane, cette PPE confirme le soutien à la filière nucléaire et l’option de la construction de 6 nouveaux EPR, même si ces derniers n’entreront pas en service avant 2038. Ces nouveaux réacteurs seront soutenus par un prêt de l’État bonifié et feront l’objet d’un contrat pour différence (CfD) à un prix maximal de 100 €2024/MWh. Le parc nucléaire actuel devrait lui être « optimisé » afin d’atteindre une production aux alentours de 380 à 420 TWh par an – les prévisions d’EDF se situent à 400 TWh – à partir de 2030.

Pour les renouvelables, seul l’éolien offshore bénéficierait d’une continuité dans ses investissements, avec un léger décalage temporel afin de prendre en compte les difficultés de développement de la filière.

En revanche, l’éolien terrestre comme le photovoltaïque auront des objectifs amoindris par rapport à la version précédente de la PPE, proposée en mars dernier. Dans le détail, les capacités de production envisagées en 2030 sont respectivement de 31 GW (au lieu de 33) et 48 GW (54). Les nouvelles capacités de l’éolien terrestre seraient par ailleurs issues de travaux de modernisation (repowering) des parcs existants.

La PPE3 fixe les objectifs de production d'électricité par filières

Objectifs de production d’énergie, par filières électriques ou non électriques, établis dans la version finale de la PPE3

La France en pleine situation de surcapacité électrique

Cette rectification tient en fait compte d’une nouvelle difficulté pour le réseau électrique de l’Hexagone. Depuis 2024 et la sortie de crise du parc nucléaire français – avec une production ternie par de nombreux arrêts prolongés dus à la corrosion sous contrainte –, la France bat des records d’exportation d’électricité vers ses pays voisins. Les heures dites « négatives », sur le marché spot, se multiplient également, signe que l’offre dépasse régulièrement la demande. Or, cela pourrait nuire à l’équilibre du réseau et à la rentabilité des actifs.

Cette nouvelle situation du marché français faisait notamment l’objet du bilan provisoire de RTE pour 2025. Il soulignait alors la difficulté à terme pour le réseau électrique français face à cette « surcapacité » et l’arbitrage urgent à avoir entre intensification de la demande (par l’électrification des usages et des industries) et le ralentissement de l’installation de nouvelles capacités de production.

La PPE3 semble finalement privilégier un scénario de ralentissement des renouvelables, tout en conservant un objectif annoncé de 40 % de l’énergie consommée en France d’origine fossile en 2030, contre 60 % en 2023, en s’appuyant à la fois sur la chaleur renouvelable et l’électrification. Pour ce dernier point, une grande initiative est annoncée et s’appuiera sur des annonces prévues en mai 2026, à l’issue d’un cycle de consultations autour de l’industrie (et l’artisanat), la mobilité, le bâtiment et le numérique.

Ainsi, selon le document de présentation de la PPE3, celle-ci « fixe un cap clair : accroître la production énergétique décarbonée notamment électrique et réduire la consommation d’énergies fossiles ».

Article rédigé par Côme Tessier

Rédacteur web pour Collectif Énergie, je m’évertue à glisser des touches sportives ou des notes sucrées pour rendre plus accessibles les sujets liés à l’énergie. Sans jamais oublier de traquer les doubles espaces qui perturbent la lecture.

En déplacement dans le Jura, le Premier ministre va annoncer une PPE3 qui semble plus favorable au nucléaire qu’aux renouvelables

Attendue depuis plusieurs années maintenant, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) pour la période 2025-2035 sera enfin publiée par décret au Journal officiel demain, vendredi 13 février 2026. Soit deux ans après l’échéance initiale. Ce texte stratégique était devenu particulièrement inflammable par l’opposition annoncée entre les partisans d’une relance du nucléaire et ceux qui souhaitaient voir donner la priorité aux énergies renouvelables.

Selon les dernières informations données par l’AFP, le gouvernement aurait finalement acté en faveur d’un scénario qui vise l’équilibre… grâce à un coup de frein modéré sur l’éolien terrestre et le photovoltaïque.

Un parc nucléaire optimisé, des renouvelables ralentis

Ainsi, en filigrane, cette PPE confirme le soutien à la filière nucléaire et l’option de la construction de 6 nouveaux EPR, même si ces derniers n’entreront pas en service avant 2038. Ces nouveaux réacteurs seront soutenus par un prêt de l’État bonifié et feront l’objet d’un contrat pour différence (CfD) à un prix maximal de 100 €2024/MWh. Le parc nucléaire actuel devrait lui être « optimisé » afin d’atteindre une production aux alentours de 380 à 420 TWh par an – les prévisions d’EDF se situent à 400 TWh – à partir de 2030.

Pour les renouvelables, seul l’éolien offshore bénéficierait d’une continuité dans ses investissements, avec un léger décalage temporel afin de prendre en compte les difficultés de développement de la filière.

En revanche, l’éolien terrestre comme le photovoltaïque auront des objectifs amoindris par rapport à la version précédente de la PPE, proposée en mars dernier. Dans le détail, les capacités de production envisagées en 2030 sont respectivement de 31 GW (au lieu de 33) et 48 GW (54). Les nouvelles capacités de l’éolien terrestre seraient par ailleurs issues de travaux de modernisation (repowering) des parcs existants.

La PPE3 fixe les objectifs de production d'électricité par filières

Objectifs de production d’énergie, par filières électriques ou non électriques, établis dans la version finale de la PPE3

La France en pleine situation de surcapacité électrique

Cette rectification tient en fait compte d’une nouvelle difficulté pour le réseau électrique de l’Hexagone. Depuis 2024 et la sortie de crise du parc nucléaire français – avec une production ternie par de nombreux arrêts prolongés dus à la corrosion sous contrainte –, la France bat des records d’exportation d’électricité vers ses pays voisins. Les heures dites « négatives », sur le marché spot, se multiplient également, signe que l’offre dépasse régulièrement la demande. Or, cela pourrait nuire à l’équilibre du réseau et à la rentabilité des actifs.

Cette nouvelle situation du marché français faisait notamment l’objet du bilan provisoire de RTE pour 2025. Il soulignait alors la difficulté à terme pour le réseau électrique français face à cette « surcapacité » et l’arbitrage urgent à avoir entre intensification de la demande (par l’électrification des usages et des industries) et le ralentissement de l’installation de nouvelles capacités de production.

La PPE3 semble finalement privilégier un scénario de ralentissement des renouvelables, tout en conservant un objectif annoncé de 40 % de l’énergie consommée en France d’origine fossile en 2030, contre 60 % en 2023, en s’appuyant à la fois sur la chaleur renouvelable et l’électrification. Pour ce dernier point, une grande initiative est annoncée et s’appuiera sur des annonces prévues en mai 2026, à l’issue d’un cycle de consultations autour de l’industrie (et l’artisanat), la mobilité, le bâtiment et le numérique.

Ainsi, selon le document de présentation de la PPE3, celle-ci « fixe un cap clair : accroître la production énergétique décarbonée notamment électrique et réduire la consommation d’énergies fossiles ».

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