Suivi hebdo : Les prix de l’électricité atteignent de nouveaux records

Marché de l'énergie #Infos Marché 14 décembre, 2021 par Marina Tourneux

Collectif Energie propose chaque semaine une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz. Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie de façon hebdomadaire ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

GAZ NATUREL

Le TTF 2022 a ouvert le lundi dernier à 57,21 €/MWh pour finir à 77,60 €/MWh le vendredi 10 décembre, soit une hausse de 35,63%.

Les prix n’ont fait qu’augmenter du lundi au mercredi, passant de 57,21 €/MWh à 73,70 €/MWh soit une hausse de 28,82%.

En effet, l’arrêt imprévu du site de production norvégien Trollfield mercredi dernier a causé une chute de l’approvisionnement, ce qui a amplifié la hausse des prix de gaz. Cependant, quand l’offre norvégienne est redevenue stable jeudi, le marché du gaz a pu se détendre un peu. Le prix du TTF 2022 a baissé à 71,37 €/MWh.

A l’annonce du conflit politique entre la Russie et l’Ukraine et les incertitudes sur la certification du gazoduc Nord Stream 2, les prix du gaz sont repartis à la hausse.

ÉLECTRICITÉ

De nouveaux records ont été atteints par les prix de l’électricité. La semaine dernière, le Baseload CAL 2022 est passé de 180,72 €/MWh lundi matin à 211,45 €/MWh vendredi soir, soit une hausse de 17%.

Comme les prix du gaz, les prix de l’électricité ont connu une forte hausse en début de semaine (entre le lundi et mercredi), atteignant un prix de « fermeture » le 8 décembre à 222 €/MWh. Ils se sont affaiblis à partir du jeudi dernier suite à la baisse des prix du gaz et du charbon.

Dans le contexte de la baisse de l’offre en gaz et de nouveaux records pour l’électricité, le charbon est encore plus utilisé dans la production de l’électricité. De ce fait, les prix des émissions de CO2 ont flambé la semaine dernière atteignant un prix de 90,75 €/t.

LES FAITS MARQUANTS DE LA SEMAINE

Conflit en Ukraine : quels impacts pour le gazoduc Nord Stream 2 ?

Le président américain Joe a durci le ton avec la Russie. Si Vladimir Poutine décide d’envahir l’Ukraine et déclenche un conflit, de sévères sanctions économiques seront actionnées.

Washington, l’Otan et Kiev accusent Moscou de mobilier des troupes, chars et blindés en direction de la frontière Ukrainienne dans le but d’envahir ce dernier. Le Kremlin a nié l’intention d’attaquer l’Ukraine et a déclaré que l’accumulation de troupes à sa frontière sud était un acte défensif.   

Lors de l’échange entre Biden et Poutine le 8 décembre, ce dernier expliquait qu’il était faux de mettre toute la responsabilité sur les épaules de la Russie pour les tensions actuelles. Moscou a également exprimé une irritation croissante face à l’aide militaire occidentale à l’Ukraine.  

Jake Sullivan, le Conseiller à la sécurité nationale des Etats Unis, a déclaré que les États-Unis avaient été en contact avec les gouvernements allemands au sujet de Nord Stream 2 dans le contexte d’une invasion potentielle.

 « Le sujet de l’avenir de Nord Stream 2 dans le contexte d’une invasion de l’Ukraine par la Russie dans les semaines à venir est un sujet de la plus haute priorité. Il a été discuté en profondeur », a-t-il déclaré.

Les responsables américains ont apparemment reçu de l’Allemagne l’assurance que le pipeline serait coupé, a déclaré l’assistant du Congrès. Mais il n’était pas clair si les deux parties s’étaient entendues sur une définition de l’invasion.

Des responsables allemands ont confié aux journalistes qu’il y avait encore un processus à terminer avant même que le pipeline ne commence ses opérations.

Cependant, vendredi 10 décembre, Ursula von der Leyen (Présidente de la Commission Européenne) a déclaré que « en tant que Commission européenne, le Conseil européen nous a chargé en juin de développer des options sur la Russie et nous l’avons fait maintenant. Toute agression a un prix, c’est pourquoi nous communiquerons ces points à la Russie, mais nous ne les rendrons pas publics.  D’une manière générale, il est important de dire que l’énergie ne peut pas être un moyen de pression et que la sécurité énergétique européenne doit être assurée ».

Pomper du gaz sans l’approbation allemande ne ferait encourir qu’une amende modeste, cependant l’Allemagne obtient un nouveau leadership politique prochainement et les liens entre la Russie et l’Occident sont sévèrement tendus. « Nous ne voulons pas demander une approbation plus rapide pour le pipeline. Maintenant, c’est l’Allemagne qui est responsable », a exprimé une source sous condition d’anonymat.

La même source a informé que Gazprom, le plus gros contribuable russe, et le Kremlin étaient également désireux de comprendre comment les liens avec le nouveau gouvernement allemand évolueraient après le départ d’Angela Merkel, qui a soutenu Nord Stream 2.

Le Kremlin a déclaré publiquement qu’il ne considère pas le processus de certification comme politique, qu’il comprend qu’il est complexe et que la Russie doit être patiente.

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