La Revue Mensuelle Énergie D’Octobre 2021

Marché de l'énergie 04 novembre, 2021 par Amélia Brenugat

Collectif Energie propose chaque mois une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz.

Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie qui impacte votre activité ? Et vous souhaitez comprendre les mouvements de ce marché complexe ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

Un mois qui commence haut et qui finit bas

La couleur des flèches ci-dessous représente l’influence sur le prix de l’énergie : 

Charbon

La demande Asiatique a chuté avec les nouvelles mesures de confinement en Chine. De plus, l’Asie s’attend à ce que les problèmes dans le secteur immobilier aient un impact plus fort que prévu.

CO2

Les prix des émissions de CO2 se sont rétablis après la forte correction causée par les prises de bénéfices.

Pétrole

La demande de pétrole a augmenté alors que les pays de l’OPEP+ limitent leur production, en continuant à se conformer à leur planning de production, ce qui a fait augmenter le prix d’un baril de pétrole ce mois-ci. 

Production nucléaire

La production a été globalement constante durant ce mois d’octobre 2021, à des niveaux semblables à ceux de 2018.

Température

Un mois d’octobre sec et ensoleillé, classé dans le top 3 des mois d’octobre les plus ensoleillés.

ANALYSE ET CHIFFRES CLÉS DES MARCHÉS EN FRANCE

Électricité

Le CAL BL 2022 a ouvert à 135,22 €/MWh en début de mois pour finir à 116.25 €/MWh, soit une baisse de 14.03 %.

Les tendances des deux marchés de gaz et charbon ont affecté fortement la volatilité des cours de l’électricité.

Malgré un début élevé, les prix spot de l’électricité ont baissé suite à la diminution de la demande d’électricité et à l’augmentation de la production nucléaire.

RTE (Réseau de Transport d’Electricité) a publié ce mois son rapport « Futurs énergétiques 2050 » où il propose 6 scénarios de référence prévoyant une augmentation de la demande d’électricité en France d’environ 40% en 2050.

Gaz naturel

Le TTF CAL 22 est passé, ce mois-ci, de 57,30 €/MWh à 45.63 €/MWh, soit une baisse de 20.37 %.

Les prix ont atteint un pic autour du 5 octobre, puis légèrement fluctué et enfin fortement baissé en fin de mois. Effectivement, la quantité de GNL acheminée vers l’Europe a augmenté grâce à la baisse des prix du charbon et du gaz en Asie en cette fin de mois. De plus, mercredi 27 octobre 2021, le président de la Russie Poutine a annoncé que Gazprom compléterait les stocks russes jusqu’au 7 novembre avant de remplir les stocks en Europe (Allemagne et Autriche). Cette annonce a fait chuter le marché de gaz de 9€/MWh.

Focus du mois : L’inflation de la zone euro est la plus élevée depuis 2008​

L’inflation de la zone euro a bondi à un taux record ce mois-ci, atteignant le niveau le plus élevé depuis 2008, alors que les prix de l’énergie continuaient de monter en flèche, a déclaré Eurostat, l’agence statistique de l’Union européenne (UE).

Dans l’ensemble des pays de l’UE, le taux d’inflation s’est élevé à 4,1% en octobre, contre 3,4% en septembre, rapporte l’agence de presse Xinhua.

L’augmentation de 4,1% est plus du double de la cible de la Banque centrale européenne (BCE) alors que les prix de l’énergie ont bondi de 23,5% en septembre, a déclaré l’agence. L’inflation dans les 19 pays de la zone euro a grimpé en flèche au cours des derniers mois alors que l’économie mondiale se remettait de la pandémie de coronavirus. L’effet le plus dramatique sur les prix a été la montée en flèche du coût de l’énergie, qui a fait grimper les factures des services publics et menacé la reprise économique.

La Commission européenne a lancé une boîte à outils plus tôt ce mois-ci pour permettre aux États membres de l’UE d’aider les consommateurs et les entreprises touchées. Dans un communiqué séparé, Eurostat a déclaré que la croissance dans les pays utilisant l’euro a augmenté de 2,2% au troisième trimestre de cette année, légèrement au-dessus des 2,1% du trimestre précédent.

Par rapport au même trimestre de l’année précédente, le produit intérieur brut désaisonnalisé a augmenté de 3,7 % dans la zone euro et de 3,9 % dans l’UE au troisième trimestre de 2021.

Parmi les États membres pour lesquels des données sont disponibles pour le troisième trimestre de 2021, l’Autriche a enregistré la plus forte augmentation d’un trimestre à l’autre de 3,3 %, suivie de la France (3,0 %) et du Portugal (2,9 %).

Le G20 s'engage à éliminer le charbon "dès que possible"

Les responsables des 20 premières économies mondiales ont adopté dimanche dernier une déclaration appelant à une action « significative et efficace » pour limiter le réchauffement de la planète, mais ont proposé peu d’engagements concrets, suscitant la colère des défenseurs de l’environnement.

Le communiqué final reste très au-delà des espérances des experts, faute notamment de consensus sur le rythme auquel les plus gros pollueurs peuvent parvenir au « zéro émission nette ». Les experts des Nations Unies jugent nécessaire d’y parvenir d’ici 2050 pour éviter un réchauffement qui devrait atteindre 2,7 degrés d’ici la fin du siècle sur la base des engagements actuels et si aucune mesure supplémentaire n’est prise.

La Chine, premier émetteur mondial, n’envisage cependant pas d’atteindre « le zéro émission nette avant 2060, tandis que la Russie et l’Inde, deux autres gros pollueurs, n’ont pris aucun engagement à ce sujet.

Dans leur communiqué, les dirigeants du G20 reconnaissent l’importance de parvenir au « zéro émission nette ou à la neutralité carbone « d’ici ou aux alentours de la moitié du siècle, sans ainsi faire référence à la date de 2050.

Ils ne s’engagent même plus à tout faire pour « réduire les émissions de manière significative », comme c’était le cas auparavant, se contentant de constater que la décarbonation de l’économie est « un des moyens les plus rapides, les plus faisables et les moins coûteux de limiter le changement climatique ».

Les dirigeants du G20 s’engagent à coopérer sur le plan technologique pour aider les pays en développement à se passer des centrales électriques fonctionnant au charbon « dès que possible », et promettent de supprimer les subventions des énergies fossiles « à moyen terme » – des engagements là aussi trop vagues aux yeux des experts.

Plus concrètement, les pays du G20 ont annoncé la fin du financement international des centrales à charbon dès cette année. Il ne fixe en revanche aucune date pour l’élimination progressive de l’énergie au charbon, promettant seulement de le faire « dès que possible ».

Le président américain Joe Biden s’est dit déçu par ce résultat, estimant que la responsabilité incombait à la Chine et à la Russie qui n’avaient pas soumis de nouvelles propositions. « La déception est liée au fait que la Russie et la Chine n’ont pas présenté d’engagements en matière de changement climatique », a déclaré Joe Biden à la presse.

Affichant en revanche son optimisme, le chef de l’Etat Emmanuel Macron a déclaré que Le sommet des chefs d’État et de gouvernement des 20 premières économies mondiales est un succès, qui a permis d’enregistrer des avancées en matières économique, sanitaire et climatique. Lors d’une conférence de presse, il a souligné que cette réunion du G20 avait permis notamment de consolider l’objectif affiché d’une limitation de la hausse du réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius, avant l’ouverture de la conférence des Nations Unies sur le climat à Glasgow.

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