Suivi hebdo : Le recul du charbon entraîne la baisse du marché de l’électricité

Marché de l'énergie 25 octobre, 2021 par Amélia Brenugat

Collectif Energie propose chaque semaine une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz. Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie de façon hebdomadaire ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

ÉLECTRICITÉ

Le Baseload CAL 2022 a ouvert à 142,69 €/MWh lundi matin pour finir à 133,48 €/MWh vendredi soir, soit une baisse de 6,45 %.

Tout comme le gaz, le charbon a perdu de la valeur cette semaine : -16,67%. En cause, la baisse de la demande asiatique dues aux nouvelles mesures contraignantes pour maitriser le covid-19 et leur gestion de la crise immobilière.

De même, le prix des émissions de CO2 a poursuivi sa baisse en raison des prises de bénéfices : -1,97% cette semaine.

Par ailleurs, l’OPEP+ ont décidé d’augmenter les objectifs de production de 400 000 b/j supplémentaires en novembre. L’augmentation de la production a été soutenue par le ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, Suhail al-Mazrouei, qui a déclaré aux journalistes en marge de la conférence Gastech à Dubaï mardi qu’il ne voyait pas la nécessité de modifier l’accord actuel.

GAZ NATUREL

Le prix du TTF 2022 est passé de 56,02 €/MWh lundi matin à 54,01 €/MWh vendredi soir, soit une baisse de 3,59 %.

Le contexte de forte demande et de reprise économique post crise sanitaire ainsi que le faible approvisionnement de la Russie maintiennent toujours le gaz à des prix très soutenus. Cependant, il a été communiqué que du gaz technique avait circulé pour la première fois à travers le nouveau gazoduc Nordstream 2, ce qui aurait détendu légèrement le marché, même si le régulateur allemand n’a toujours pas donné son feu vert.

LES FAITS MARQUANTS DE LA SEMAINE

La CRE favorable au gel des tarifs réglementés du gaz

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a donné son feu vert ce lundi 18 octobre 2021 quant aux modalités du gel des tarifs annoncé par le gouvernement, tout en recommandant une baisse de la fiscalité dès janvier.

Effectivement, compte tenu de la flambée actuelle des prix sur les marchés, les tarifs réglementés d’Engie auraient potentiellement augmenté de 19,5 % TTC au 1er novembre, puis d’un pourcentage similaire en décembre, d’après la CRE. Pour faire face à cela, le premier ministre, Jean Castex, avait annoncé à la fin septembre 2021 « un bouclier tarifaire » avec le blocage du tarif réglementé du gaz jusqu’au 30 juin 2022 au niveau du 1er octobre. À compter du printemps, les consommateurs se verront payer leur gaz un peu plus cher que les prix de marché, pour que cette réforme ne pèse pas sur la situation financière des fournisseurs.

J.Castex a aussi évoqué la possibilité d’abaisser la fiscalité sur le gaz suite aux recommandations de la CRE : « La CRE recommande qu’une baisse temporaire de la fiscalité sur le gaz (TICGN) puisse être mise en place dès le 1er janvier 2022 »: une telle baisse de taxe « est indispensable pour limiter l’exposition financière des fournisseurs et faciliter le rattrapage tarifaire ultérieur ». Elle recommande aussi « de prévoir un dispositif complémentaire d’aide aux fournisseurs qui se trouveraient en grave difficulté financière du fait du gel tarifaire ».

Ce bouclier aura un coût de 5 milliards d’euros en 2022, a précisé ce lundi 18 octobre 2021, le ministre des Comptes publics, Olivier Dussopt.

Taxe carbone aux frontières : l’Union européenne accusée de protectionnisme

Présenté le 14 juillet par Bruxelles, le projet de taxe carbone aux frontières a été qualifié de mesure « protectionniste » et « discriminatoire » par plusieurs pays émergeants.

Cette tarification appelée « mécanisme d’ajustement carbone aux frontières » va fixer un prix du carbone pour les importations de certains produits ; dans un premier temps l’engrais, l’acier, l’aluminium, l’électricité et le ciment. Il s’agit d’éviter la délocalisation des industries polluantes dans les pays où les lois sont moins strictes et où les émissions de CO2 ne sont pas taxées comme en Europe.  « Ce mécanisme a aussi pour finalité d’encourager les industries en dehors de l’Union, ainsi que nos partenaires internationaux, à prendre des mesures allant dans le même sens », a précisé Bruxelles.

Selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (Cnuced), la Russie, la Chine, la Turquie, l’Ukraine, l’Inde et le Brésil seront les plus touchés par cette taxe.

Ce dispositif devrait, malgré tout, entrer progressivement en vigueur à partir de 2026 dans un but de remplacer les quotas gratuits d’émissions de CO2, aujourd’hui distribués à certaines compagnies afin qu’elles ne soient pas pénalisées vis-à-vis de leurs concurrents étrangers.

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