La Revue Mensuelle Énergie De Septembre 2021

Marché de l'énergie 05 octobre, 2021 par Amélia Brenugat

Collectif Energie propose chaque mois une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz.

Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie qui impacte votre activité ? Et vous souhaitez comprendre les mouvements de ce marché complexe ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

Hausse généralisée des prix

La couleur des flèches ci-dessous représente l’influence sur le prix de l’énergie : 

Charbon

Le prix du charbon a augmenté de 35,14% ce mois-ci.

CO2

Le CO2 poursuit sa tendance haussière, le prix a augmenté de 1,61%

Pétrole

En hausse de 7,58%, la demande est élevée à la suite de la reprise du traffic routier et aérien.

Production nucléaire

On observe une baisse de la production en début de mois, suivi d’une hausse légère

Température

Ce mois se situe en 4ème position des mois de septembre les plus chaud depuis 1960

ANALYSE ET CHIFFRES CLÉS DES MARCHÉS EN FRANCE

Électricité

Le CAL BL 2022 a ouvert à 89.65 €/MWh pour finir à 135.22 €/MWh jeudi 30 septembre, soit une hausse de 50,83%.
Ce mois-ci, le marché était extrêmement volatil, soutenu principalement par les prix élevés du gaz et aussi ceux du charbon et du CO2.

Les prix de la courbe d’électricité ont marqué de nouveaux records 135.22 €/MWh pour le CAL22 (comme mentionné avant), 84.22 €/MWh pour le CAL 23 et 73,25€/MWh pour le CAL 24.

Gaz naturel

Le CAL 2022 est passé ce mois-ci de 33.49€/MWh au prix de 57.30€/MWh soit une hausse de 71,10%.

Cette flambée des prix est due à la reprise des économies mondiales après la crise sanitaire et donc une hausse de la demande de matières premières, surtout en Chine. Ce mois-ci, c’est le 1er pays importateur de GNL devant le Japon, d’après Tom Marzec-Manser, analyste chez ICIS.

D’autre part, les objectifs de transition écologique à atteindre d’ici 2030 ont fait grimper les prix des EUA (certificats d’émission de CO2 ). Cela a pour effet de rendre les énergies fossiles moins compétitives et favoriser ainsi les énergies bas carbones.
La production de gaz est ralentie en mer du Nord pour arrêts techniques, ce qui laisse à la Russie la majorité de l’approvisionnement vers l’Europe. « La France ne dispose pas de gaz sur son territoire et importe 99 % de sa consommation de gaz naturel, elle est donc exposée, comme le reste de l’Europe, aux variations des prix de marché européens et mondiaux », rappelle la CRE dans son dernier communiqué.

Le Premier ministre a annoncé ce jeudi 30 septembre un gel des tarifs réglementés du gaz et un plafonnement à 4 % de la hausse des prix de l’électricité via une forte baisse de la fiscalité. Concrètement, les tarifs réglementés d’Engie resteront à leur niveau actuel jusqu’à la fin du mois de mai. La hausse qui aurait dû avoir lieu au cours de l’hiver sera ensuite « rattrapée » pendant les 12 mois suivants. Autrement dit, le gouvernement va lisser la progression en la répartissant sur une période plus longue. 

Focus du mois : La crise énergétique en Chine et ses répercussions en Europe

Une crise énergétique risque de freiner la croissance de la deuxième économie mondiale. Pékin cherche à réduire la consommation d’énergie alors que la demande grimpe et que les prix du gaz et du charbon s’emballent. « Des fonderies d’aluminium aux producteurs de textiles et aux installations de transformation du soja, les usines reçoivent l’ordre de freiner l’activité ou, dans certains cas, de fermer complètement », rapporte Bloomberg ce lundi 27/09/2021. L’impact commence à se faire sentir sur la croissance chinoise et menace les chaînes mondiales d’approvisionnement.

Effectivement, la demande de matières premières et d’électricité a fortement augmenté au premier semestre du fait de la reprise économique du pays : la croissance a été chiffrée à 12,7% sur la première partie de l’année. Or, depuis plusieurs mois, la tension diplomatique monte entre l’Australie et la Chine au sujet de l’origine du coronavirus. L’Australie à alors restreint ses exportations de charbon vers la Chine. De plus, en Chine, les prix de vente de l’énergie sont encadrés par le gouvernement. Les producteurs ont le droit de produire davantage que le quota attribué par la province et de vendre leur électricité sur le marché, mais uniquement à un tarif moins élevé que le tarif régulé. De ce fait, ils n’ont aucun intérêt à produire davantage. Des centrales ont alors cessé de fonctionner partiellement pour ne pas produire à perte. En parallèle, dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, le gouvernement a mis pression sur certaines centrales du Nord pour freiner la production d’électricité afin de ne pas dépasser un certain quota d’émission de CO2 et ainsi respecter leurs engament climatiques.

Les prix des matières premières, notamment du gaz (JKM) et du charbon flambent en Asie. La Russie trouve donc plus intéressant d’exporter son gaz vers cette région du monde plutôt qu’en Europe, c’est pourquoi peu de cargaisons de GNL en arrivent. De plus, la hausse du prix du charbon pousse les producteurs à se tourner vers le gaz pour générer de l’électricité, ce qui augmente encore plus la demande de gaz, déjà très forte.

Cette crise nous fait prendre conscience que le gaz naturel pourrait être le facteur clé pour la transition entre nos énergies d’aujourd’hui et celles de demain : renouvelables, non fossiles et décarbonées, le temps de trouver des solutions durables, notamment sur les capacités de transport et de stockage de cette électricité.

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