DU 17/05/2021 AU 21/05/2021
Marché de l’énergie : correction à la baisse après des prix records

Marché de l'énergie 24 mai, 2021 par Marina Tourneux

Collectif Energie propose chaque semaine une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz. Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie de façon hebdomadaire ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

ÉLECTRICITÉ

La semaine dernière, le CAL BaseLoad 22 a ouvert à 68,90 €/MWh pour finir à 64,70€/MWh vendredi soir, soit une baisse de 5,89%.

Alors que le marché suivait une tendance haussière depuis le début de l’année, il a subi une forte baisse cette semaine. En effet, le marché a fortement chuté mercredi dernier, en clôturant à 60,63€/MWh, soit 6,1€/MWh de moins qu’à l’ouverture (-8,8%). Néanmoins, le marché est remonté en fin de semaine, pour clôturer à 64,70€/MWh.

La baisse du prix des certificats de CO2, passant de 56,4€/t en début de semaine, à 51,65€/t vendredi soir, a fortement influencé le cours de l’électricité.

La première vente aux enchères des certificats britanniques a stoppé la hausse fulgurante du prix des quotas de CO2. Néanmoins, le prix est remonté en fin de semaine, ce qui laisse penser que la baisse observée est de courte durée.

marché-énergie-24mai-électricité-prix
marché-énergie-24mai-électricité-graphique-prix

GAZ NATUREL

La semaine dernière, le CAL 22 TTF a ouvert à 22,43€/MWh pour finir à 20,64€/MWh vendredi 21 mai 2021, soit une baisse de 7%.

Tout comme l’électricité, le marché du gaz a subi une forte baisse cette semaine.

Les raisons sont les suivantes :

  • L’injection de GNL en provenance de la Norvège et de la Russie dans les sites de stockage. (Même s’ils restent à un niveau relativement bas par rapport à 2019 et 2020.)
  • La chute des prix des émissions de CO2 ce mercredi 19 mai 2021, de sorte que la production d’électricité à base de charbon a été plus avantageuse. Cela a fait reculer la demande de gaz pour la production d’électricité. 
gaznaturel-marché-énergie-prix
gaznaturel-marché-énergie-graphique-prix

LES FAITS MARQUANTS DE LA SEMAINE

Prix élevé du CO2 : avantages et inconvénients

Produire de l’électricité à partir de gaz fossile coûte plus cher que d’en produire à partir de charbon. Cependant, le kWh d’électricité au charbon émet davantage de CO2 (environ 1kg/kWh contre un peu moins de la moitié pour le gaz). 

Les centrales à charbon sont plus compétitives que les centrales à gaz et donc appelées en priorité en l’absence de prix du CO2. En revanche, cet ordre s’inverse si le prix du CO2 est suffisamment élevé, ce qui est le cas à 56€/t.

Une étude menée par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français RTE et l’ADEM, parue en 2016, montre un palier de compétitivité entre charbon et gaz à 50€/t de CO2. Une fois ce niveau atteint, une diminution de 25% des émissions de CO2 du secteur électrique européen pourrait être observée.

En revanche, un CO2 plus cher altère la compétitivité des industries européennes par rapport aux industries hors-UE, non soumises au marché du carbone. C’est pour cela que des quotas d’émission leur sont distribués gratuitement, mais leur nombre diminue avec le temps.

drivers-24mai-energie

Afin d’éviter une vague de délocalisation (déjà bien entamée), il est important de mettre en place un mécanisme de compensation carbone aux frontières. Ce mécanisme doit permettre de valoriser de manière équivalente le contenu carbone des produits industriels importés depuis les pays non-européens. 

Sa mise en place sera complexe et susceptible d’être attaquée devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), mais il est vital que l’Europe y parvienne et que ce mécanisme soit suffisamment robuste et ambitieux pour préserver la compétitivité de l’industrie européenne.

L’agence internationale de l’énergie appelle à renoncer à tout nouveau projet fossile

Quelques mois avant la COP26, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dresse sa feuille de route mondiale pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C. Les mesures préconisées sont drastiques et inédites : renoncer dès à présent à tout nouveau projet d’exploration pétrolière ou gazière et dès 2035 à la vente de voitures thermiques. Effectivement, dans un rapport publié mardi, l’AIE a annoncé entre autres :

  • L’arrêt de l’exploration de nouveaux sites gaziers ou pétroliers « au-delà de ceux déjà engagés en 2021 »,
  • La fin de l’ouverture de nouvelles centrales électriques au charbon dès 2021,
  • La fin de la vente de voitures à moteur thermique à partir de 2035,
  • Ou encore une hausse de 4 % par an de l’efficacité énergétique globale d’ici à 2030, soit trois fois plus que le rythme moyen des deux dernières décennies.
cookies-site-collectifenergie

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies🍪. Pas d’inquiétude, ils sont principalement utilisés pour réaliser des statistiques de visite 😊.