La revue mensuelle énergie
d’Avril 2021

Marché de l'énergie 06 mai, 2021 par Marina Tourneux

Collectif Energie propose chaque mois une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz.

Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie qui impacte votre activité ? Et vous souhaitez comprendre les mouvements de ce marché complexe ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

Hausse généralisée des prix

La couleur des flèches ci-dessous représente l’influence sur le prix de l’énergie : 

CHARBON

Un prix du charbon stable la première quinzaine d’avril puis remontée pour terminer à 76,15 $/t.

CO2

Le prix des CO2 continue son envolé avec une accélération en fin de mois.

PÉTROLE

Légère hausse du BRENT ce mois ci, à l’image du charbon.

ÉNERGIES RENOUVELABLES

Une production constante.

production nucléaire

Après un mois de mars ou la production remontait au dessus du niveau de 2020, le mois d’avril est marqué par une production particulièrement faible.

Température

Des températures dans la norme pour un mois d’avril.

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ANALYSE ET CHIFFRES CLÉS DES MARCHÉS EN FRANCE

ÉLECTRICITÉ

L’envolée des prix se poursuit sur le mois d’avril.

L’obligation de restitution de quotas au titre d’une année est fixée au 30 avril de l’année suivante. À l’approche de cette date, le coût des certificats de CO2 s’approche dangereusement d’un nouveau pallier à 50€/t.

Plusieurs scénarios sont possibles pour la suite :

– Un scénario optimiste nous amènerait à penser que le marché va pouvoir se détendre. L’échéance étant passée, les obligés ont 1 an pour restituer les quotas de l’année 2021.

– Un scénario beaucoup plus pessimiste serait que l’effet soit inverse. Le marché étant en forte hausse, les obligés risquent de se couvrir dès à présent en anticipant une continuation de l’augmentation des prix. Cela aurait pour effet d’accroître encore plus la demande et ainsi faire perdurer la hausse sur les semaines/mois à venir.

À noter que l’écart entre les marchés courts termes ( 2022 ) et plus longs termes ( 2023/2024 ) augmente encore ce mois-ci. Le spread entre le CAL 2022 et le CAL 2024 est maintenant de 7,37€/MWh.

Les indicateurs longs termes ne sont pas forcément optimistes, un positionnement dès aujourd’hui pour les années 2023-2024 est envisageable malgré un marché élevé.

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GAZ NATUREL

Une augmentation importante du prix du gaz ce mois ci malgré une première quinzaine stable.

A l’image des autres énergies, le gaz suit la tendance générale, en particulier sur les échéances courts termes. Le CO2 reste le facteur principal mais la faible production nucléaire a également un impact non négligeable. Le coût du gaz reste attractif par rapport aux autres moyens de production d’électricité pilotables. Cela créé une demande supplémentaire sur le marché court terme du gaz qui fait grimper les prix.

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FOCUS du mois : Marché du CO2

Le prix des quotas carbone ( EUA ) est actuellement le point central des évolutions du marché  d’électricité et de gaz européen. Afin de mieux comprendre les implications et perspectives, nous vous proposons un focus sur ce marché très particulier.

Définition :

Les marchés carbone, également nommés systèmes d’échange de quotas d’émissions ou système de permis d’émissions négociables (Emissions Trading Schemes – ETS), sont des outils réglementaires facilitant l’atteinte pour tout ou partie des objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) déterminés politiquement. L’Union européenne a mis en place depuis 2005, un marché du carbone pour mesurer, contrôler et réduire les émissions de son industrie et de ses producteurs d’électricité.

Principe du système

Le marché du carbone fixe une limite aux émissions de GES et permet les échanges de quotas d’émissions. Chaque année, le plafond est revu à la baisse afin d’atteindre les objectifs de réduction d’émissions. Les obligés soumis au marché du carbone doivent restituer à la fin de l’année autant de quotas que de tonnes de CO2 équivalentes émises dans l’atmosphère.

Les exploitants ont donc intérêt à réduire la part de leurs émissions dont le coût de réduction est inférieur au prix du quota sur le marché. Le marché est censé s’équilibrer entre le coût de réduction d’émission et les objectifs permettant de limiter le changement climatique.

Corrélation avec les marchés du gaz et de l’électricité :

Aujourd’hui, environ 11 000 installations sont concernées par ce dispositif, principalement dans les secteurs les plus émetteurs de dioxyde de carbone : Production d’énergie, réseaux de chaleur, aviation, acier, ciment …

Afin de limiter l’impact sur la compétitivité internationale de certains de ces secteurs, des quotas gratuits sont attribués. Ces entreprises peuvent donc se retrouver avec un excédent de quotas qu’ils pourront revendre sur le marché, réduisant, ou remboursant ainsi les investissements leurs ayants permis de réduire leurs émissions.

Ce n’est pas le cas du secteur de la production d’énergie, qui est considéré pouvoir répercuter le coût du carbone dans ses prix. Les enchères de quotas sont donc principalement dédiées au secteur électrique ainsi qu’aux industriels qui ne recevraient pas assez de quotas. Les revenus de ces enchères sont redistribués aux états membres pour être utilisés au moins à 50% dans des actions en faveur de l’environnement.

Le marché de l’électricité, mais aussi celui du gaz sont donc directement corrélés au marché du CO2, en particulier dans les pays disposant de nombreuses centrales thermiques.

Source : https://www.ecologie.gouv.fr/marches-du-carbone

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