DU 08/03/2021 AU 12/03/2021
marché de l’énergie : les drivers dans le rouge

Marché de l'énergie 16 mars, 2021 par Marina Tourneux

Collectif Energie propose chaque semaine une analyse du marché de l’énergie, de l’électricité et du gaz. Vous êtes préoccupé par l’évolution des prix de l’énergie de façon hebdomadaire ? Ne cherchez plus, vous êtes au bon endroit !

ÉLECTRICITÉ

La semaine dernière, le CAL BL 22 a ouvert à 54,30 €/MWh le lundi 8 mars pour finir à 56,90 €/MWh vendredi soir, soit une hausse de 2,60 €/MWh, soit 4,79%.

On peut expliquer cette augmentation par :

  • La remontée du prix du CO2 : alors que le prix stagnait depuis plusieurs semaines autour des 38€/t, il a clôturé vendredi soir à 42,77€/t, nouveau point historique le plus haut franchi,  depuis la création de ce marché en 2005.
  • La hausse globale des différents drivers : le pétrole et le charbon sont à des niveaux élevés. De nombreuses tensions règnent concernant la production de pétrole. En effet, les pays de l’OPEP+ ont décidé de ne pas assouplir les limitations de productions imposées, ce qui impacte le prix à la hausse.
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GAZ NATUREL

Nous relevons également une forte hausse sur le marché du gaz cette semaine. Le CAL 22 a ouvert à 17,00 €/MWh lundi matin pour finir à 18,14 €/MWh vendredi soir.

Cette hausse de + 6,66% s’explique par :

  • La hausse globale des différents drivers, tout comme l’électricité.
  • Les stocks restent inférieurs à la normale. De plus, l’importation de gaz en France reste faible depuis les principaux pays exportateurs, comme la Norvège ou la Russie.
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LES FAITS MARQUANTS DE LA SEMAINE

Première enchère de capacité de l’année 2021

La première enchère de capacité pour 2022 a eu lieu ce jeudi 11 mars 2021 et il en ressort un prix de 28,3004 €/kW.

Nouveau terme tarifaire stockage à compter du 1er avril 2021

À l’issue des enchères de capacités de stockage 2021-2022 ce jeudi 11 mars 2021, la totalité des capacités de stockage de gaz naturel ont été souscrites, ce qui garantit la sécurité d’approvisionnement pour l’hiver 2021-2022. 

Pour compléter les recettes perçues directement par les opérateurs de stockage dans le cadre de ces enchères, la CRE fixe le terme tarifaire stockage à 185,11 €/MWh/j/an à partir du 1er avril 2021.

C02 : la hausse continue 

42,77€/t : c’est le nouveau point le plus haut depuis sa création en 2005, franchi par le marché carbone européen. Depuis le début de l’année 2021, le prix des quotas d’émissions de carbone a explosé en augmentant de plus de 27%. L’effet du nouveau « green deal » européen en matière de réduction des gaz à effet de serre se fait largement ressentir. Cette hausse est également alimentée par la spéculation des hedge funds sur le marché.

Cette hausse pourrait nuire aux industriels. Il va donc falloir suivre l’évolution de ce marché de très près.

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Les cours du pétrole s’emballent jusqu’à 70$/baril, dans un climat d’incertitude

Pour la première fois, depuis le début de la crise sanitaire, liée au Covid-19, les cours du Brent ont dépassé, lundi 8 mars, la barre des 70 dollars. Depuis, le baril oscille autour de 68-69 dollars. Le pétrole revient donc à des niveaux comparables à début 2020, avant la crise sanitaire.

Les cours du baril sont soutenus avec force par l’OPEP et son allié, la Russie dans le cadre de l’OPEP+. Lorsque les premières mesures de restriction sanitaire ont été adoptées, en mars 2020, l’Arabie saoudite et la Russie n’ont pas trouvé d’accord pour une coupure de production et se sont lancés rapidement dans une guerre des prix, qui a fait chuter le baril de Brent à 12 dollars. Pour retrouver des prix corrects, les Etats pétroliers se sont imposés une sévère réduction de la production. Cette stratégie a fonctionné, et depuis, les pays de l’OPEP+ ont décidé de ne pas assouplir les limitations imposées à la production.  

COVID-19 : un an déjà

L’industrie française a été moins durement frappée que lors de la crise financière il y a dix ans, alors même que la chute du PIB a été plus violente, observe Alexandre Saubot, le patron de France Industrie. Après le choc relativement court du premier confinement, la plupart des secteurs se sont vite rétablis, aidés par le soutien financier de l’Etat. En revanche, d’autres secteurs restent très impactés par la crise de la COVID-19.

Fukushima : 10 ans après, fermeture de 6 centrales à Berlin

Berlin va fermer ses six dernières centrales nucléaires d’ici à 2022. Leur coûteux démantèlement et l’enfouissement de leurs déchets prendront cependant plus de quinze ans. 

À l’approche de l’anniversaire de Fukushima, Berlin a confirmé la décision prise par Angela Merkel quelques jours après la catastrophe en mars 2011 et inscrite dans la loi : « d’ici à la fin 2022, l’Allemagne n’exploitera plus de centrale nucléaire ». « Fukushima a montré que cette technologie ne peut être complètement maîtrisée », a encore déclaré la semaine dernière le secrétaire d’État au Ministère de l’Environnement, Jochen Flasbarth. 

Dix ans après la catastrophe de Fukushima, qui avait convaincu l’Allemagne d’accélérer sa sortie du nucléaire, les ministères des Finances, de l’Économie et de l’Environnement précisent dans un communiqué commun que les quatre groupes percevront 2,285 milliards d’euros à titre de compensation de « l’électricité non produite », obligés de fermer prématurément leurs centrales d’ici fin 2022. 

Une association de consommateurs acte « l’échec » de l’ouverture du marché de l’électricité en France

Pour la première fois, l’organisation CLCV (Consommation logement et cadre de vie) a pris position, mercredi 10 mars, pour demander la fin de la libéralisation du marché et de la concurrence entre fournisseurs.  « L’ouverture du marché de l’électricité est un échec qui s’avère nuisible pour le bien-être des consommateurs. ». 

M. Carlier note que le transport de l’électricité est un monopole naturel, sur lequel il n’y a pas de concurrence. Et que la quasi-totalité de l’électricité en France reste produite par EDF, avec son imposant parc nucléaire (70 % de la production) et hydraulique (11 %). « La concurrence n’existe que sur un tout petit bout de la chaîne à la fin », déplore M. Carlier, qui note que cela n’a pas permis de faire baisser sérieusement la facture des ménages. Il espère que cette prise de position permettra de faire avancer le débat sur l’énergie en France, au moment où le sort du nucléaire français et d’EDF fait l’objet de négociations intenses à Bruxelles.

PROJET HERCULE

Le gouvernement affirme avoir défini les grandes lignes d’un accord avec la Commission européenne sur la réforme d’EDF et espère boucler ce dossier dans les prochaines semaines. Les investisseurs reprennent espoir : le cours d’EDF s’est envolé jeudi près de 10%. Des divergences essentielles entre Paris et Bruxelles restent toutefois présentes.

Les conséquences des coupures d’électricité au Texas

Trois semaines après les pannes géantes d’électricité qui ont plongé dans le noir plusieurs millions de Texans à la suite de la vague de froid dans le sud des Etats-Unis, le secteur de l’énergie tente difficilement de se remettre sur pied. Standard & Poor’s (S&P), l’une des trois principales sociétés de notation financière aux Etats-Unis a placé sous surveillance une quinzaine d’entreprises. Avec un prix de l’électricité sur le marché de gros qui a bondi jusqu’à 9 000 $/MWh en raison du déséquilibre entre l’offre et la demande, certaines entreprises, mal couvertes, ont fait défaut ou se sont déclarées en faillite.

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